Ce matin j’ai réécouté le titre de Dead Prez, Hip Hop. Le refrain dit : It’s bigger than the hip hop. Et ça m’a fait penser à ce blog qui est à propos du Hip Hop, mais en même temps au-delà du Hip Hop. D’ailleurs le Hip Hop lui-même est à propos de quelque chose qui est plus grand que lui. Il est à propos d’un truc que le blues et le jazz disaient déjà, que la soul et le funk répétaient et qu’il à lui-même commencé à reprendre.

Un truc qui dit quelque chose de l’être humain, un essentiel de sa créativité et de son refus de se soumettre à des règles stupides, injustes et cruelles.

Bien que Miles ait dit que le Blues était une musique d’esclave, au sens où il le percevait comme une musique de lamentations, je crains de ne pas pouvoir être d’accord avec lui. Le Blues ne diffère pas du Jazz, du Rock, de la Soul, du Funk et à certains égards du Tango, de la Samba, de la Rumba et du Son. Scott Joplin exprime la même chose que Bola de Nieve ou qu’El Negro Thompson, une vibration poétique venu de la nuit des temps qui rend hommage à la nature et chante sa louange par l’excellence.

Je ne suis pas certain de pouvoir retrouver l’excellence et la poésie dans les morceaux actuels des Black Eyed Peas ou de Lil’ Wayne. Mais heureusement le Hip Hop ne saurait se résumer à cela. Le Hip Hop est, et j’ose croire que certains de ses représentants le demeurent, dans la continuité de la poésie et de l’excellence. Le Hip Hop et ses devanciers sont une vision du monde, une façon de voir la vie, de la prendre avec philosophie ou de s’en indigner, mais toujours en rythme et dans le groove.

Parce qu’après tout c’est ce dont il est question quand on parle de culture, il s’agit de déterminer qui l’on veut être et à quel univers de pensée on veut appartenir. Dans une société bourgeoise comme la nôtre, ou disons une société où l’argent est roi, la rue représentera toujours l’anticonformisme, le malséant mais elle sera aussi toujours génératrice de créativité et de profits ; parce que si la rue crée des cultures elle ne les contrôle pas, elle laisse à d’autres le soin d’en faire des modes, des produits marketing etc.

Le cash n’a que faire de la poésie et encore moins de l’excellence. Le cash ne se soucie que du cash et transforme en cash tout ce qu’il est possible de transformer. Le problème lorsque l’on n’est pas acteur de la culture mais initiateur, ce qui en un temps fut le plus important, c’est qu’on se condamne à être un minerai, une source de profits pour d’autres plutôt que pour soi-même. A quoi bon faire sourdre la poésie de son âme et l’excellence de son corps si c’est pour devenir un gisement, une opportunité pour des commerciaux. Il n’y a hélas pas de réponse. Le cash se moque des idées, ou en tout cas c’est ce qui semble, et du talent ; mais les idées et le talent le lui rendent bien. Si donc on choisi d’être un homme de culture plutôt qu’un homme de commerce, l’important c’est de s’inscrire dans la continuité. It’s bigger than the Hip Hop.

 

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