Il ne faut pas voir dans ces chroniques une espèce de plagiat de Ray Bradbury (qui a écrit les Chroniques Martiennes), quoiqu’elles puissent être un récit de science fiction. L’histoire d’un groupe de mecs qui ronchonnent, qui grognent et qui se lamentent parce qu’il n’y a jamais rien de fait pour eux, sans pour autant se décider à lever leur cul de l’endroit où il est fixé, probablement avec de la glue.

Alors un mec arrive et se décide à faire quelque chose, il n’a pas trop réfléchi au comment ni au pourquoi, il n’a même pas beaucoup de moyens mais il se lance.

Tout à coup les ronchons se mettent à le critiquer : « Non mais il se prend pour qui celui-là ? Il croît peut-être qu’il est mieux que nous, il se croit supérieur, regardez-le cet imbécile etc. »

Heureusement pour lui le mec à autre chose à faire que d’écouter les commentaires (pour ne pas dire qu’il n’en a strictement rien à branler), il se met à faire des chroniques.

Il fait des chroniques peut-être parce qu’il a l’impression que c’est son devoir, peut-être parce qu’il n’a rien de mieux à faire, ou qu’il veut étaler le peu de connaissances qu’il a (vous savez ce que l’on dit de la culture et de la confiture) pour se la raconter auprès des minettes.

Qu’importe, ce qui compte c’est qu’il essaye au moins de faire quelque chose.

Il se met donc à faire des chroniques, c’est-à-dire une rubrique fourre-tout dans laquelle il se laisse la liberté d’aborder tous les sujets, à l’exception de ceux qui fâchent (la politique, la religion, le sexe etc.), sous une forme indéterminée.

Selon les caprices de l’auteur la forme sera celle d’un portrait, d’une nouvelle, d’un édito, d’un reportage, d’un billet d’humeur ou d’autre chose.

Le point commun à tout cela étant la culture noire et populaire.

Mais qu’est ce que la culture noire et populaire ?

Vaste question, peut-être celle née dans la rue avant qu’on en discute dans les salons et les universités. Quoique la rue et l’université ne sont pas nécessairement éloignées l’une de l’autre.

Par exemple, l’un des premiers évènements organisé pour lancer la Harlem Renaissance était les awards des magazines The crisis et Opportunity, des awards devant récompenser des œuvres littéraires, notamment de la poésie, qui eurent lieu en novembre 1925. La plupart des organisateurs étaient des universitaires, Du Bois, Alan Locke, James Weldon Johnson, pourtant l’un des donateurs les plus importants pour le prix à remporter était Casper Holstein, un millionnaire ayant fait fortune en organisant le jeu de bolito, c’est-à-dire la loterie clandestine, en un mot un gangster.

De même un gangster comme Ellsworth ‘Bumpy’ Johnson, qui a passé pas mal de temps en prison, qui est connu pour être un gars de la rue, a composé de la poésie de haut niveau.

Un poète comme Langston Hughes respecté par des universitaires, comme Alan Locke ou d’autres, ne se souciait que du rythme de la rue dans la composition de ses poèmes.

Je crois que la culture est une question d’endroit et d’appréhension.  Il y a des lieux où la culture est figée et sentencieuse, l’université par exemple, et d’autres où elle est vivante et à saisir sur le vif, la rue. Les deux définitions ne sont pas toujours antinomiques et c’est ce que l’on entend par une culture noire populaire.

Voilà, c’était le lancement de la première chronique, espérons qu’elle alunisse avec succès et qu’elle intéressera tous les cosmonautes.

 

 

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2 Comments. Leave your Comment right now:

  1. by Coriolano

    C'est pas pour critiquer les gens qui font des chroniques mais ca serait quand même nettement plus juste de parler de culture afro-américaine populaire ou de culture noire américaine populaire que de culture noire populaire. A moins que tu ne compte parler de musique africaine et cie.

    • by Kemi

      Pour Coriolano. D’abord désolé du temps de réponse, ensuite une petite question: Si je devais divisé le monde en Noirs et en Blancs de quel côté tu mettrais les afro-américains ?

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