Je disais donc que le disque est un format, mais il est encore un format imparfait, un format qui malgré tout peut restituer quelque chose de l’émotion qui animait le ou les musiciens lors de l’enregistrement. Ainsi donc vient le CD qui est le dégradé du disque, c’est à dire qu’il propose un son propre, un son aplati, nettoyé, quasiment dégagé de toute vibration transcendante. Un son qui finalement ne transmet plus rien qu’un enregistrement de manière complètement froide. Je n’évoquerais même pas le MP3 ou le Wav qui sont encore bien en deçà de la médiocre qualité du CD.

A piste sonore appauvrie appareil de restitution similaire. Les nouveaux baladeurs qui commencent par un i pour ne pas citer de marque, disons les baladeurs MP3 sont l’incarnation de la normalisation du goût.

Pourquoi ?

Si vous avez remarqué il n’y a pas d’équaliseur ou plutôt il y en a un virtuel, un avec des définitions sonores pré-programmées. L’auditeur lambda n’a donc plus le choix d’écouter à son goût. Il ne peut pas mettre que des basses ou que des aigus si ça lui plaît, il entre dans les cases, mal et pré-définies, d’audition que comprend l’appareil. Donc finalement tout le monde entend la même chose. A la négligeable nuance près que tous ceux qui choisissent le pré-réglage rock entendent le même son rock tous ceux qui choisissent le Jazz entendent le même son Jazz etc.

Dans ces conditions comment ne pas avoir une perception impersonnelle de la musique ? Certes chacun aime tel ou tel artiste et déteste tel autre mais la musique ne s’arrête pas à un style ou un autre, la musique est une vibration en mouvement incessant qui résonne dans le cœur et l’âme de tous ceux qu’elle touche, comment vibrer à sa façon quand le son ou plus exactement sa restitution donne une seule et même direction. On pourra arguer que la même chose se passe dans un concert tout le monde est englobé dans un même réglage, sur lequel d’ailleurs aucun spectateur n’a prise. N’oublions pas qu’alors le réglage est le choix de l’artiste, et espérons-le, il n’est pas encore industriel ou industrialisé.

Quoique la question de l’artiste industrialisé ou non mérite un autre article.

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