Le NBA All-Star Week-End 2011 de Los Angeles approche à grand pas (20 février). Chaque année à cette occasion remonte en moi le souvenir d’une édition qui prendra sa onzième ride dans trois semaines. Le All-Star Game du troisième millénaire fût un des plus épiques de l’histoire. La faute à un homme en particulier, alors considéré comme le digne héritier de Michael Jordan, j’ai nommé Vince Carter ou Vinsanity pour les intimes du vol en haute altitude et de la maltraitance d’arceau.

Passé par l’université de North Carolina comme le meilleur basketteur de tous les temps, celui qu’on appelle alors Air Canada car il porte à lui tout seul la franchise des Raptors de Toronto, est déjà au sommet de son art. Il faut dire qu’après à peine deux années passées dans la ligue, il a déjà glané une distinction de meilleur rookie (joueur dans sa première année professionnelle) en 1999. Jouant au même poste que MJ et bénéficiant surtout d’une détente sèche de plus d’un mètre comme son illustre ainé, Carter fait son chemin sous une pluie de comparaisons et de dunks. En ce 12 février 2000 donc, dans l’Arena d’Oakland, Vince Carter s’attaque à un exercice que le roi Jordan a déjà marqué de son empreinte, le Slam Dunk Contest (concours de dunk). Ce concours reste à mon sens un des plus marquants de l’histoire. Vince Carter s’attaque à une rude concurrence. Tous les spécialistes du genre qu’abrite la ligue nord-américaine sont présents. Larry Hugues, le désormais roannais Ricky Davis, Steve Francis, Jerry Stackhouse, le cousin et coéquipier de Carter, Tracy McGrady. Pas de quoi effrayer ce joueur au mental d’acier sûr de sa force. Le premier dunk écrase la compétition. D’une pureté et d’une rapidité chirurgicale, ce 360 suivi d’une conclusion rageuse à une main, récolte la note maximale de 50 points dès le premier tour. Pour son deuxième essai du premier tour, il corse le challenge et démarre de derrière le panier pour se remettre face à la planche au moment de s’élever dans les airs. Encore d’une pureté rageuse, la figure obtient 49 points.

Le troisième dunk plie une affaire aux trois-quarts déjà remportée. Aidé par son cousin T-Mac qui lui adresse une passe avec rebond, Carter récupère le ballon en vole le passe entre ses jambes pour le catapulter avec une telle force qu’il pourrait le faire exploser. La salle déjà à terre devant le spectacle se rend officiellement sous les coups de boutoir d’Air Canada. Le légendaire Isaiah Thomas (meneur des Pistons de Detroit, époque Bad Boys au début des années 90) alors juge sort de derrière sa table pour s’agenouiller devant Carter qui annonce que le concours est fini. Les ralentis sur grand écran font chavirer la salle, Carter est monté tellement haut que son front touche presque l’arceau du panier placé tout de même à 3 mètres 15 ! De nouveau 50 points dans la poche. 149 points sur 150 possibles au premier tour. L’histoire est en marche et ça tout le monde s’en rend compte.

Pour son premier essai de la finale, Carter ne trouve rien de mieux que plonger son bras jusqu’au coude dans l’arceau au moment d’y plonger le ballon. Un geste qui fracturerait le bras de biens des joueurs, mais pas le sien. La salle médusée reprend son souffle lorsque Vince remonte le terrain en rigolant. 50 points dans la poche en plus. Pour l’essai suivant, il parcoure le terrain en sens inverse pour prendre son élan, sous les cris de la foule qui sait déjà qu’il va s’attaquer au dunk légendaire de Jordan aujourd’hui immortalisé sur le logo de sa marque. Ce dunk où MJ avait sauté de la ligne de lancer-francs pour terminer son geste à une main. Mais Carter n’est pas Jordan et il tient à faire passer l’info au monde entier, alors au lieu de terminer son geste à une main, il décide de le faire avec deux, ce qui lui laisse une amplitude restreinte dans le geste et donc réduit ses chances d’arriver jusqu’à l’arceau. Carter s’exécute mais mord la ligne de lancer d’une bonne trentaine de centimètres. “Seulement “48 points pour cette petite innovation. Concours remporté avec seulement trois points laissés sur la touche. Carter rejoint dans le panthéon des meilleurs dunkeurs Jordan et son ennemi d’alors, le parisien Dominique Wilkins.

Malgré tout le reste de la carrière de Vince Carter sera une lente désillusion, celui à qui on promet la destinée de Jordan, se voit lentement mais sûrement éclipsé par Kobe Bryant. Empêtré dans une équipe de Toronto qu’il emmènera tout de même en playoffs, Carter montre ses limites et se fait transférer chez les Nets pour se voir associé à Jason Kidd et mener la franchise de Jersey City vers une bague de champion que les deux joueurs méritent d’accrocher à leur palmarès. Mais Carter n’arrivera pas à devenir le patron de l’équipe et se retrouvera vite seul après les départs de Kidd à Dallas et Jefferson à Milwaukee. Souvent blessé, il est récupéré par le Magic d’Orlando qui cherche de l’expérience pour entourer la talent tout en biceps de Dwight Howard. Si Carter ne peut gagner le titre en étant le patron de l’équipe, il peut peut-être le faire en étant un coéquipier modèle capable de sortir de sa réserve dans les moments intenses. Mais après deux ans de collaboration infructueuse, il est envoyé à Phoenix cet hiver, une équipe en perte de vitesse. A aujourd’hui 34 ans, Vince Carter ne gagnera sûrement jamais le titre que son talent mérite tant. Il vient de gagner le statut honorifique de joueur à plus de 20 000 points en carrière, ce que 36 des ses homologues ont accompli avant lui.

Malgré tout, Vince Carter reste sûrement le meilleur dunkeur que la NBA ait portée. Dans des tops 10 qui ressassent des dunks souvent stéréotypés, Carter n’a pas beaucoup d’égaux. Personne n’a su atteindre cet équilibre entre puissance et esthétisme du geste, rendant la discipline du dunk bien plus noble qu’une simple compétition de gros bras juste là pour détruire les arceaux.  Carter avait cette pureté du geste obligatoire pour un joueur de sa taille. Avec 1m98 (tiens comme Jordan) on doit forcément sauter plus fort et plus haut qu’un intérieur pour atteindre le panier. Carter avait la détente parfaite qui ne lui faisait jamais faire l’effort de trop pour y arriver. Aujourd’hui Blake Griffin et J.R Smith ne flirtent pas encore avec la virtuose de l’ancien Raptor qui a aujourd’hui 34 ans. Lui a su reléguer les monstres comme Kemp et Rider au second plan, puis surtout qui d’autre que lui peut se permettre de passer au-dessus d’un joueur de 2m18 nommé Fred Weis pour claquer le dunk le plus spectaculaire de l’histoire du basket-ball ?! Alors pour tout ça Monsieur Vince Carter, je te dis juste merci.

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Adrien AkA Big Ad, Streetblogger (votre serviteur)

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