Synopsis*

Dans cette seconde annuité EPIQUE de la trilogie Man of the Moon (relire la chronique de The End of the Day), nous vous plongeons dans les sombres et cruelles réalités d’un monde empli de tentations bien au-delà des rêves les plus fous. Pendant qu’il commence à s’adapter à cette nouvelle vie, notre héros Cudder (Mescudi) part à la recherche d’un nouveau frisson qui le rendra insensible à tout problèmes et soucis.

Ce qu’il parvient à trouver est un dangereux nouvel ami The Rager, son alter-égo destructeur et infernal qui ne cessera pas tant que Scott restera dans son état second et il sera toujours présent. Par un décor tonitruant formé des productions de Emile Haynie, Plain Pat et Dot Da Genius, soyez prêts à être emmenés dans les pensées et la réalité de KiD CuDi. Voici The Legend of Mr Rager.

Sur The End of the Day, Cudi chantait « This will be my world, I told you so… », c’est dans cette continuité que débute l’acte I : The World I Am Rulin’. Redécouverte d’un monde dans lequel on entre par des vibrations spatiales, comme si nous étions passager de son OVNI, un monde qui s’est retourné contre lui. Lui vient en aide l’extra-terrestre d’ATL Cee-Lo pour le refrain de « Scott Mescudi vs. The World ». Dans son meilleur des mondes, Kid Cudi réveille les dormeurs à son appel de « REVOFEV » (pour ‘revolution of evolution’), entretenu par des notes de piano signées Mike Dean. Mais l’univers imaginé par le jeune homme de Cleveland s’est obscurci de matière noire et les étoiles qu’il a touché lui ont révélé son côté obscur.

Overdose de célébrité, le rappeur est dépassé par ce qui l’entoure, affectant directement l’atmosphère narcotique de cet opus. La première phrase de « Don’t Play This Song », qui annonce l’acte II A Strong Trip, est « Wanna know what it sounds when I’m not on drugs? ». Et c’est Mary J Blige qui vient lui porter un soutien psychologique. « We Aite » tient plus d’un interlude very bad trip que d’un morceau à part entière. On sent le lonely stoner perdre les pieds sur Terre, il répète les mêmes phrases pendant deux minutes de défonce. L’ambiance devient malsaine et perversement joyeuse pendant qu’il entonne « Marijuana » et « Mojo so dope », ses addictions sont devenues ses amies intimes. Son flow titube sans se casser la gueule et son taux d’alcoolémie auto-régulé empêche tout dérapage incontrôlé. Kid Cudi sait où il met les pieds malgré l’ébriété et le manque de luminosité.


Kid Cudi – Erase Me
envoyé par umusic.

Acte III, Party On. C’est dans ce piteux état psy que Cudder fume ce qu’il veut sur le breakbeat hip-hop de Chuck Inglish (des Cool Kids) sur l’égotrip « Ashin’ Kusher ». Drogue, alcool, débauche, il mène une vie de rockstar et ce n’est pas étonnant que son single « Erase Me » (produit par Jim Jonsin) est pop/rock. Pas étonnant non plus que cette track parle d’une rupture forcée, et que ce coeur brisé de Kanye West passe lui remonter le moral. À ce propos Kanye est absent à la production, de même que Ratatat et Crada qui ont composé le premier volet de Man on the Moon. Kid Cudi est isolé, dans sa bulle, avec ses producteurs à lui (Emile et Plain Pat principalement). Le paradoxe dans tout cela, c’est que toute son histoire semble cohérente. L’autre paradoxe, c’est que The Legend of Mr Rager est moins accessible que son prédécesseur (qui vient d’être certifié disque d’or un an après sa sortie) et a pourtant mieux démarré en terme de ventes. Dingue. La beuverie n’en finit pas alors qu’on a l’alcool mauvais avec ses délires de kidults (« Wild’n cuz I’m Young » et « The Mood »).

Comme Eminem a sa double personnalité Slim Shady, Kid Cudi se transforme dans l’acte IV pour devenir le fameux « Mr Rager ». Avant cela, il devient « MANIAC » et à force de s’enfoncer, il croise un improbable personnage aussi torturé de la cervelle que lui, Cage, MC underground de Def Jux. Pour un peu, ça redonnerait le sourire. Cudi replonge durement sur « My Worries », sniffant un rail avant de commencer ses couplets. Mary J Blige réapparaît à ses côtés sur le refrain qu’elle chante pour lui. Le beat des Blended Babies sur « The End » termine comme une soirée de noctambulisme à errer et chiller dans la street avec les homies GLC et Chip The Ripper. Nicole Wray dans le rôle de la conscience répète « I’ll never do it again ». Mais tout le monde sait comment ça se finit généralement…

Au moins Kid Cudi tirera des leçons de ces mauvaises expériences qui l’ont ridiculisé dernièrement, référence à ces vidéos sur le Net où il imite malgré lui Amy Winehouse en pire. C’est la moralité de l’acte V de ce second volume de Man on the Moon. Et le rappeur apprend que ce qu’il lui arrive sur le mélancolique « All Along » est qu’il finit seul au monde, avec rien d’autre à faire qu’à se démerder par ses propres moyens. Pas moyen d’échapper à ses problèmes, et c’est encore plus difficile d’y remédier quand on essaie de remonter la pente. Piégé par le star-system et ses nombreux faits divers qui ont alimenté la presse, Kid Cudi finit prisonnier de sa conscience, comme il conclut logiquement par « Trapped in my Mind » en laissant l’auditeur suspendu dans l’attente du 3e et dernier volume.

*traduction du résumé au dos du boîtier

About the author

Ex-rédacteur/chroniqueur pour Rap2K.com et... biométricien !

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