Vu dans quelle direction va le r&b contemporain, c’est normal d’être méfiant vis-à-vis des récentes sorties. Surtout lorsqu’on voit le dernier album d’Usher, celui que l’on surnomme le prince du r&b donc forcément ze référence en la matière, il y a de quoi tellement c’est la cata : autotune et tendancieusement eurodance.

Passons… sur le cas d’un rival direct : Ne-Yo. On aurait pu croire d’après son single « Beautiful Monster » (produit par les scandinaves Stargate) que lui aussi a succombé à la mode eurodance. En fait non, le chanteur de Def Jam nous a mené sur une fausse piste (sauf celle de la piste de danse). Cet hameçon qui a terminé numéro 1 des ventes de single en Angleterre n’a rien à voir avec les neuf autres titres que contient Libra Scale.

En réalité, hormis le hit en question, son quatrième album est purement rythm’n blues, et classe à l’image du gentleman trentenaire qu’il est (« Champagne Life »). Il convoite les femmes avec élégance et sait s’exprimer avec les mots qui conviennent aux damesq sans paraître démodé. C’est une forme de néo-romantisme de première classe loin d’être désuet (« Makin’ A Movie», « Genuine Only », « Know Your Name »…), plus axé sur l’intellect que le physique. Parmi ses collaborateurs, on retrouve les Stargate, Syience et Chuck Harmony, mais un autre expert ès r&b actuel, Ryan Leslie, qui lui réalise le sensuel « Crazy Love », avec en prime un caméo de Fabolous.

Libra Scale met l’accent sur le groove plutôt que des mélodies de synthèse mais ce qu’il y a de plus surprenant, et certains auditeurs l’ont déjà remarqué sur Year of the Gentlemen, c’est l’influence plus marquée de son mentor Michael Jackson, que ce soit dans sa manière d’interpréter, concevoir ses morceaux et même les gimmicks. Et cela fait de lui un meilleur chanteur/compositeur. Libra Scale est ce qu’on appelle couramment « l’album de la maturité », bien qu’il devait pousser le concept plus loin en réalisant un court-métrage autour de ce disque mais faute de budget suffisant…

Alors mon conseil, ne vous fiez pas à « Beautiful Monster », l’album dispose d’une autre arme dansante (« Cause I Said So ») et d’une conclusion « What Have I Done » qui le pardonne tout entier. Mon avis : meilleur album r&b masculin de 2010.

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Ex-rédacteur/chroniqueur pour Rap2K.com et... biométricien !

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