La coupe du monde 2010 aura été une plaie, au moins pour l’équipe de France. Je ne parle pas des petits bobos infligés à l’orgueil national par des joueurs incapables de former une équipe digne de ce nom.

De toute façon si l’on compte sur quelques joueurs payés comme des nababs et quelque peu capricieux pour représenter l’orgueil national, ce ne sont pas eux qu’il faut interroger mais plutôt l’orgueil national en question.

Il fut un temps ou la France tirait orgueil de sa culture et de sa gastronomie, de Brillat-Savarin et de Rabelais, entre autres. Mais c’est vrai, que sont-ils en comparaison du jeu de jambes de Malouda, d’Evra ou d’Anelka ?

Bien peu de choses comme la notion d’information.

Tout le monde, concerné ou non par le ballon rond, en est allé de sa petite note dans la cacophonie orchestrée autour d’un jeu  qu’on a finalement perdu de vue, si ce n’est perdu tout court. Hélas l’épreuve du terrain n’a pas pardonné, mais ça ne date pas d’hier.

Le feuilleton qui s’est déroulé, comme le mauvais scénario d’une série B, parallèlement aux piètres performances des joueurs et qui a plongé, non pas seulement l’équipe, mais la France entière, dans la crise la plus grave de son histoire aurait pu être à se tordre de rire si elle n’avait atteint les sommets du pathétique. On a même vu la maman de l’entraîneur dire qu’elle n’avait pas apprécié de se faire insulter. C’est vrai que c’était un moment capital pour faire prendre conscience aux joueurs de l’ampleur de leur déliquescence morale. Mais qui crie à la moralité outragée ? Des responsables politiques qui dénoncent des tarifs d’hôtel inférieurs aux leurs ? Des journalistes trop heureux de prendre une revanche sur un entraineur jusqu’ici insolent et dédaigneux à leur égard ?

Qu’est ce que la morale dans un tournoi, où l’argent est roi, organisé sur un continent où on ne le ressent que comme manque ? Un tournoi dans lequel rien ne garantit que les populations du pays d’accueil verront ne serait ce qu’un infime reflet de la manne financière qu’on a pourtant déployée sous leurs yeux.

Heureusement que le ridicule ne tue pas parce qu’en plus des joueurs une bonne partie des personnalités politiques, des journalistes et je ne sais encore quelle personnalité qui s’est sentie obligée de mettre son grain de sel dans cette salade insipide, reposerais six pieds sous terre.

Le comble était le mercredi 23 juin quand pour l’édition de 20 heures du journal télévisé sur la nécessité de reconstruire la France, pardon son équipe de football, la personnalité politique qui avait été la première à lancer une polémique stérile, est revenue faire son commentaire sur les mesures à prendre pour qu’on ne connaisse plus jamais cela. Je n’ai pu réprimer une exclamation de surprise en la voyant : Ah, Vous ? Vous êtes là ?

Merci à Guillaume Laborde pour l’illustration

http://web.me.com/g.lab

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  1. by Sidy

    Des plaies, des bobos, des bleus et des vuvuzelas: La coupe du monde 2010 aura été une plaie… http://goo.gl/fb/IKkHq

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  2. by Sidy

    http://www.streetblogger.fr Des plaies, des bobos, des bleus et des vuvuzelas:
    La coupe du monde 2010 aura… http://bit.ly/b74qOR A Lire ! #yam

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