J’entends souvent dire que la musique urbaine made in France ne s’exporte pas suffisamment. C’est un peu faux et ce sont nos producteurs et Djs qui nous prouvent le contraire. Notre ‘French touch’ a été et est toujours très appréciée en dehors de nos frontières. Dernier exemple parlant : David Guetta.

Mais il y a tous ceux dont on parle moins parce qu’ils ont un succès plus international que national. C’est en partie le cas d’Onra, le beatmaker français d’origine asiatique à l’origine des projets Big Payback et des Chinoiseries (cliquez sur les albums pour lire la chronique). Correspondance avec ce globe-trotter à l’occasion de la sortie de son nouvel album Long Distance, disponible en double-vinyle, format digital et maintenant en CD.

Tu as parcouru beaucoup de chemin depuis the Big Payback. Comment regardes-tu l’évolution de ta carrière jusqu’à maintenant ? Quels sont les points sur lesquels tu penses t’être amélioré musicalement ?

Tribute, The Big Payback et Chinoiseries ont été faits en 2006, il est donc normal d’avoir evoluer durant ces 4 années. Je pense que j’ai fait des progrès en mix et en séquencage, mais j’ai encore d’énormes lacunes en mélodie, il faut absolument que je prenne des cours de piano.

En te suivant sur Twitter, on a l’impression que tu as aussi parcouru beaucoup de kilomètres. Des destinations de prédilection, des endroits qui t’ont marqué ?

J’ai en effet pas mal voyagé, et surtout depuis que je me produis en live. Ma destination favorite pour l’instant est le Japon, mais j’ai adoré jouer en en Chine ou au Vietnam, pour le symbole, et aussi parce j’ai été confronté à un public qui n’avait jamais entendu ce style de musique avant.

Avec Long Distance on découvre un univers sonore très funk et 80s. Quels sont les groupes/artistes dont tu t’es inspiré ou que tu as samplé ?

Change, B.B & Q Band, Cameo, SOS Band, Kashif, etc…

C’est le genre d’album idéal pour cruiser l’été et certains morceaux sont même club. C’était voulu comme vibe ?

C’était voulu car j’avais envie de varier les tempos, et pour une fois, essayer de faire danser les gens, tout en restant fidèle a la ligne directrice de mon projet et à mes aspirations. Concernant l’ambiance générale de l’album, c’est vrai qu’elle est joyeuse et légère, deux critères que l’on retrouve aussi bien dans l’été que dans la Funk 80’s. J’avais envie de faire de la musique “bonne vibe”, car j’en avais marre d’écouter ces nouvelles productions plus sombres les unes que les autres, ça ne correspondait pas du tout à ce que je vivais, ni à ce que j’avais envie d’entendre.

Tu as collaboré avec pas mal de monde, comme Reggie B, Olivier Daysoul et T3 des Slum Village ! Tu deviens un peu plus ‘international’ non?

Pour l’instant, j’ai plus l’impression que mon nom est connu à l’étranger qu’en France, la preuve est que je ne tourne quasiment uniquement hors frontières. Les collaborations internationales remontent à The Big Payback, donc ce n’est pas nouveau, mais les artistes reconnus comme T3, çà c’est une nouveauté. Cela a été possible grâce au label All City de Dublin, qui m’a permis d’avoir un budget pour avoir quelques featurings vocaux.

Ces derniers mois on t’a vu sur différents projets comme La Boulangerie et même les Hollyweerd sur Candy for Kleptos. Comment le contact s’est fait avec Hollyweerd d’ailleurs ?

Tu viens de m’apprendre que je suis sur leur mixtape, je n’ai pas écouté le morceau et on ne m’a jamais demandé l’autorisation. C’est marrant car c’est un groupe que j’avais l’intention de contacter pour une collaboration. Apparemment ils ont posé sur un son qui est sorti sur une compilation qui s’appelle “Blu Jemz” où l’on retrouve Hudson Mohawke, Karriem Riggins, Jneiro Jarel, etc…

Question inévitable : quels sont tes prochains projets ?

Les prochains projets… Pour l’instant ce n’est pas très clair étant donné que Long Distance n’est même pas encore sortit Mais j’ai déjà commencé Chinoiseries part2 il y a un an. Il faut que je le finisse un jour ou l’autre. J’ai aussi un projet Dub, et quelques autres projets non confirmés pour l’instant.

J’espère que ce teaser vous a bien plu car il reflète totalement la vibe de Long Distance : un revival de la disco-funk et breakbeats des années 80 à travers le sampling ébouriffant d’Onra. Pensé comme un DJ set de vinyles rares, cet album rayonnant fait rejaillir les lumières des flashinglights et des laserlights grâce à des summer-jams en puissance (comme « High Hopes » feat Reggie B, « The One » feat T3 des Slum Village et bien sûr « Long Distance » avec Olivier Daysoul) et une flopée d’instrumentaux aux synthétiseurs supersoniques (« Oper8or », « Tape This », « WeeOut », « Don’t Stop »…). Long Distance de Onra est la preuve infaillible que la musique Funk s’incarne dans le futur. Comme Toeachizown de Dâm-Funk, cet LP est certifié bande-son de l’été 2010, 2011, 2012, 2013…

About the author

Ex-rédacteur/chroniqueur pour Rap2K.com et... biométricien !

    5 Comments. Leave your Comment right now:

    1. by Sidy

      Correspondance avec #Onra pour son album Long Distance (interview + chronique): J’entends… http://goo.gl/fb/dLcaU

      This comment was originally posted on Twitter

    2. by Sidy

      http://www.streetblogger.fr Correspondance avec Onra pour son album Long Distance (interview + chronique): … http://bit.ly/9x5WnY A Lire ! #yam

      This comment was originally posted on Twitter

    3. Interview de Onra (@ONRAbeats ) pour Streetblogger à l’occasion de la sortie de Long Distance http://bit.ly/af94tp

      This comment was originally posted on Twitter

    4. Pingback: Les tweets qui mentionnent StreetBlogger » Correspondance avec Onra pour son album Long Distance (interview + chronique) -- Topsy.com

    5. Pingback: Onra « Long Distance  @@@@ « Sagittarius Hip-Hop reviews

    Leave a Reply

    Your email address will not be published.

    You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>