Je ne me sens pas concerné par ce monde, c’est-à-dire que tout ce que j’entends à la radio, quand j’allume la télé, m’énerve passablement.

J’exagère quand je dis tout, ce sont principalement les informations qui m’agacent et me dépriment. Entre les tueries, les catastrophes et les débats politiques bidons on ne s’en sort plus d’avaler sa dose quotidienne d’hémoglobine, comme si la terre n’était plus qu’un vaste cimetière et que nous étions tous devenus une bande de charognards en quête de notre quota quotidien de chair et de sang frais.

Je précise qu’il ne s’agit pas non plus ici de dire que le monde va mal, de me gratter la tête ou la barbe en bon intellectuel médiatique pour débiter une série de poncifs tout aussi mortellement ennuyeux que la litanie des catastrophes et autres faits divers tragiques.

Si j’étais un martien qui débarquait, dans l’ordre, de sa planète, puis de sa soucoupe ; je pense que je ferais immédiatement demi-tour après avoir raflé tous les albums de Saint-Georges, Jimi Hendrix, Billy Cobham et tant d’autres.

Je me dirais que cette planète est foutue parce que les habitants sont plongés dans une maladie mentale étrange qui leur fait percevoir leur entourage par le prisme de la dépression et de la « crise ».

En même temps je me dirais probablement aussi qu’ils n’ont pas l’air de se rendre compte qu’on choisit un peu la façon dont on veut vivre, c’est-à-dire qu’on peut subir les évènements ou les créer.

Quand je parle de créer un évènement je ne pense pas du tout à un défilé de chiffons qu’on serait prêt à payer une fortune parce que telle ou telle starlette en vogue a couvert, ou découvert, sa nudité avec.

Bref j’ai l’impression que tout oscille entre obscénité et insupportable, c’est-à-dire que même l’insupportable devient obscène. Même la façon de présenter les catastrophes relève d’un appétit aussi malsain que celui de la foule romaine attendant que César lève ou abatte son pouce pour ordonner la grâce ou la mort d’un pauvre esclave qui s’est étripé avec un autre uniquement pour divertir la foule de sang et de violence.

Dans ces conditions je ne vois pas comment faire un édito. D’ailleurs cela tiendrait plus de la rubrique nécrologique ou de la gazette people, ce qui d’une façon que je ne m’explique pas, ou très peu, sonne, également, le glas de l’intellect.

L’intellect, le mot est lâché. Un mot qu’on entend plus que rarement tant nous sommes habitués à croire que se divertir c’est s’abrutir pour oublier qu’on a trois boulots, ou aucun et qu’on est un nanti en quête de sens, pour survivre sur cette planète Eurodollar.

La culture est un divertissement, la lecture, le cinéma, la musique sont des divertissements éminemment culturels, bien évidemment à l’exception des espèces de lobotomies généralisées diffusées constamment, par le biais de la chanson, sur des radios de grande écoute.

Allo, y’a-t-il encore quelqu’un sur cette terre qui est vivant, ou est ce que je passe mon temps à parler à des corps vides ?

Seuls vous avez la réponse.

Merci à Guillaume Laborde pour l’illustration

http://web.me.com/g.lab

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  1. by Sidy

    Pourquoi j’ai du mal à faire un édito.: Je ne me sens pas concerné par ce monde, c’est-à-dire… http://goo.gl/fb/qemPY

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  2. by Sidy

    http://www.streetblogger.fr Pourquoi j’ai du mal à faire un édito.:
    Je ne me sens pas concerné par ce mond… http://bit.ly/aad1dR A Lire ! #yam

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  3. Pourquoi j’ai du mal à faire un édito.: Je ne me sens pas concerné par ce monde, c’est-à-dire… http://goo.gl/fb/qemPY

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  4. http://www.streetblogger.fr Pourquoi j’ai du mal à faire un édito.:
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