A l’heure où l’on parle de la France de la diversité je pense qu’une réflexion sur ce qu’est, ou ce que peut être la diversité s’impose.

Ma réflexion naît de l’émission d’enquête sur la discrimination proposée par une chaîne publique en deuxième partie de soirée le mardi 13 avril. Le débat qui a suivi la diffusion de l’enquête journalistique auprès de professionnels de l’immobilier et du travail intérimaire a été saisissant. Pas tant par la platitude des propos échangés par les différentes parties en présence, que par l’incapacité à trouver un terrain d’entente. Certains des participants invoquaient la caricature et la volonté de racialisation d’une France généreuse et accueillante que des pratiques déloyales de testing faisaient apparaître sous un jour illégitime.

D’autres s’indignaient qu’on refuse avec une telle mauvaise foi d’accepter la réalité des faits, à savoir le déni d’humanité opposé a une partie de la population qui comporte des individus qui, bien que leur derme n’en témoigne pas, appartiennent bel et bien aux citoyens français.

Une expression qui est devenu récurrente est alors sortie, comme plusieurs fois auparavant, dans le débat concernant la France et la façon dont elle traite ses minorités : le racisme anti-blanc.

Les soi-disant défenseurs des minorités, en tout cas ceux qui prennent la parole en leur nom ne réagissent pas à ces trois mots accolés, ce qui m’étonne.

Pourquoi suis-je étonné ?

Disons que je m’appelle Mamadou et que je ramasse les poubelles (pour ne pas donner dans la caricature d’une France pluriethnique qui n’offrirait pas sa place à tout un chacun), que je passe devant la boutique d’un commerçant qui n’a pas trié correctement ses ordures et que conséquemment je me refuse à prendre ses poubelles. Celui-ci, Mr Durand ou Dupont ou Forestier (pour ne pas faire dans la caricature du français) qu’importe, sort et m’injurie en criant : « Sale nègre, reviens ici faire ton boulot ! »

On peut considérer que le commerçant est raciste ou qu’en tout cas il m’a lancé une insulte raciste.

Reprenons la même petite histoire avec un asiatique, le commerçant blanc crierait cette fois : « Sale Jaune, reviens ici faire ton boulot ! »

Changeons encore pour une autre variété de l’espèce humaine et racontons la même histoire avec un maghrébin, le commerçant crierait : « Sale Arabe… » et ainsi de suite.

Quelque soient les variétés ou les origines diverses des membres de minorités victimes d’un tel traitement on pourrait conclure au racisme.

Maintenant inversons les rôles, disons qu’un éboueur blanc refuse de ramasser les poubelles devant la boutique d’un commerçant noir et que ce dernier sorte et s’écrie : « Sale blanc, reviens ici faire ton boulot ! ».

Cette fois on ne parlera plus de racisme, mais de racisme anti-blanc.

Est-ce que cela signifierait qu’être raciste est tout à fait légitime pour un blanc et que c’est pour cela qu’on doit ajouter le qualificatif anti-blanc au mot racisme pour préciser que de façon tout à fait anormale et inattendue quelqu’un a fait preuve de racisme à l’égard d’un blanc ?

Si ce n’est pas le cas, si je m’égare en tentant de trouver du sens à cette expression, ou plus justement à cette différence d’expression, d’où vient le besoin d’en forger une spéciale pour qualifier un phénomène hélas bien trop banal et quotidien dans notre chère France de la diversité ?

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