« Les années passent »… C’est souvent comme cela que depuis bientôt dix ans les articles sur le PSG commencent au deux tiers de la saison. Presque comme chaque année durant cette période Paris déçoit, Paris désespère. Chaque année on se dit que le club de la capitale n’a jamais autant toucher le fond et comme chaque année on se dit que la saison prochaine ne pourra être que meilleure. Cependant force est de constater que la première décennie de ce XXIe siècle, est celle du marasme au Parc des Princes.

Comme pour marquer la marasme dans lequel baigne le PSG, hier il a perdu dans un stade vide, un match contre Nice, une équipe encore plus mal classée et elle aussi en proie à des problèmes sérieux de supporters. Cette saison est donc une nouvelle désillusion et un désastre de plus dans la vitrine du club où les titres se font de plus en plus rares. Pour la première fois on parle de mort du club. Rama Yade ou Luis Fernandez l’ont évoqué après le décès de Yann L. en marge du chaotique match de l’année contre Marseille, club qui a réussi ce que le PSG n’a toujours pas accompli : se débarrasser de son passé et regarder durablement vers le futur, notamment grâce au quinquennat de Pape Diouf. A Paris à chaque début de saison on voit toujours les ombres des Raï, Weah, Ginola et autre Valdo soulever le trophée de champion de France en 1993-1994, mais on oublie que cette époque révolue a plus de quinze ans désormais. Pareil pour la coupe d’Europe que Paris ne sait plus jouer. Si dans les années 90, se qualifier pour celle-ci paraissait une formalité, aujourd’hui il est si difficile de mobiliser l’effectif autour de cet objectif que le club a raté la qualification l’année dernière après un terne 0-0 à domicile contre Monaco. Quand bien même le club se serait qualifié, Paris ne fait plus peur à personne sur la scène continentale, le foot à changer, le PSG aussi. Finalement déjà en fin de saison dernière on aurait pu envisager un tel scénario que celui qui se déroule aujourd’hui.

Le point de départ de la crise actuelle, c’est l’éviction de Charles Villeneuve. Celui qui renoua avec la tradition des présidents journalistes au club, était le dernier qui avait envisagé de l’ambition pour le club. Presque un crime, une insulte aux yeux de beaucoup dans le club et pourtant jusqu’à ce moment le PSG affichait une sérénité déconcertante. L’ancien journaliste de TF1 avait pourtant le défaut de vouloir accomplir sa tâche du mieux qu’il le pouvait, et surtout conscient des lacunes de la mécanique administrative du club, avait rédigé une lettre au conseil d’administration du club pour régler ces problèmes. Une initiative qui permit à ses ennemis au sein du club de le pousser dans le ravin. Au premier rang de ceux-là on peut penser à Alain Cayzac qui venait de voir deux ans de mandat effacés net par à peine six mois d’un novice. Dans la même veine on peut soupçonner aussi Alain Roche de ne pas avoir vraiment apprécié la démarche de Villeneuve d’essayer d’embaucher Jean-Luc Buisine, le maître du recrutement lillois depuis des années. Le sort de Villeneuve scellé, Paris perd tout un réseau naissant, ainsi qu’une présence qui rassurait les joueurs. En échange d’une présence limite paternaliste qui semblait appréciée des joueurs, Sébastien Bazin, le représentant de Colony Capital, actionnaire majoritaire du club est invité à prendre les commandes. Celui qui suivit Paris à Rotterdam un soir de 1997, pour le voir perdre la Coupe des Coupes contre le Barça de Ronaldo (1-0), le cache à peine, il ne veut pas diriger le club. Dans les semaines qui suivent il multiplie les rendez-vous pour refiler le bébé à quelqu’un d’autre. Une attitude symptomatique de la position de Colony Capital qui détient le club depuis quatre ans.

Arrivé dans le but prioritaire de créer un projet immobilier attractif au Parc des Princes, le fond de pension a toujours défendu l’idée de stabiliser le club en haut de tableau en Ligue 1 pour pouvoir mettre en place ce projet. Résultat de l’ambitieux projet, une qualification en coupe d’Europe en trois saisons, deux saisons passées à lutter pour le maintien, 50 millions d’euros investis uniquement pour combler les pertes et 50,4 millions d’euros de dettes créés, deux supporters morts aux alentours du Parc des Princes. A l’heure où les appels d’offre pour le projet immobilier du Parc des Princes viennent d’être lancés qu’espère vraiment Colony Capital ? La situation avec les supporters et l’ambiance au Parc est tellement nauséabonde qu’ils sont rares les téméraires qui aiment encore assister au match du club. Payer des billets hors de prix pour voir quoi ? Une équipe qui feint l’envie de réussir, des joueurs résolus à accepter la fatalité de leur quotidien. Exemple de cette situation, le cas Sylvain Armand. Le latéral gauche est resté fidèle au club depuis six ans. Aujourd’hui dans la situation délicate que connaît à nouveau le club, lorsqu’on l’aperçoit à la télé on le sent peut alarmer. L’habitude peut-être d’avoir jouer le maintien avec le club qui l’aide à relativiser… Dans l’œil du cyclone car fautif pour son placement sur plusieurs buts cette année, l’ancien Nantais est aussi la victime collatérale d’un conflit qui a pourri le club cette année, celui entre Jérome Rothen et Alain Roche et de facto la direction du club.

Coupable de s’être étalé dans la presse au lendemain de la précédente saison, pour attaquer la direction et Alain Roche, le milieu gauche a été prié de voir ailleurs, mais n’a jamais été remplacé. A sa place aucun pur gaucher n’est aligné depuis le début de la saison. Résultat que ce soit Luyindula ou Sessegnon, les joueurs mis à la place Rothen ont tendance à toujours repiquer dans l’axe laissant le couloir vide au seul Armand qui peine à soutenir les attaques et redescendre à son poste pendant quatre vingt dix minutes laissant des espaces faciles à exploiter pour les attaquants adverses. Coupable une fois de plus d’avoir dis certaines vérités que Paul Le Guen confirmera un peu plus tard, Rothen et la direction n’ont pas crevé un abcès qui coûte aujourd’hui au PSG plusieurs buts. Ils sont pourtant au nombre de trois, les personnes qui ont remis en cause Alain Roche directement ou pas et qui se sont vus signifier la sortie. Roche lui est toujours là, et pourtant il n’y a pas besoin de phrases pour l’incriminer dans la médiocrité dans laquelle se roule le PSG depuis des années. Depuis qu’il dirige la cellule de recrutement (2006) que peut on dire à part « Souza, Everton, Kezman ». Des salaires pharamineux pour des rendements au bord du néant. Pourtant Alain Roche a toujours les commandes du recrutement et brigue même le poste de directeur sportif du club. C’est lui qui a milité pour l’arrivée d’Antoine Kombouaré pour diriger l’équipe première. Un entraineur aboyeur et qui a su installer une équipe comme Valenciennes durablement en L1. Mais à Paris les choses sont différentes. Kombouaré dispose peut-être techniquement du meilleur effectif qui lui ait été jamais donné d’entraîner durant sa carrière ; il risque de s’ajouter à la liste des glorieux anciens qui consument leur gloire passée en revenant au club. Arthur Jorge et Luis Fernandez (deuxième ère), Halilodzic, Fournier,  ou Paul Le Guen parti sur d’injustes sifflets du Parc ont tous effacé les souvenirs de joie qu’ils avaient laissé en revenant entrainer le club. Kombouaré semble prendre malheureusement le chemin de ses collègues d’infortune. Coupable d’avoir peut-être râler trop tôt et trop fort sur des joueurs peu enclin à se dépasser, son discours semble aujourd’hui passer à moitié dans le vestiaire. Ces dernières semaines on l’a vu être suppléer par Robin Leproux, dont on ne peut toutefois pas s’empêcher de penser qu’il est le pantin de Sébastien Bazin.

Depuis un an les apparences trompent peu de monde, Colony Capital doit gérer un club dont il se désintéresse mais refuse de se laisser dicter les choses. Une gestion dramatique qui porte ses fruits puisqu’aujourd’hui le Parc des Princes se désertifie comme à la fin de l’ère Borelli. Motivés par l’absence de spectacle, les supporters ne veulent plus risquer leur peau à cause de la bêtise d’une minorité. Surtout dans le climat actuel ils ne veulent plus se voir regarder comme des voyous lorsqu’en société ils avouent qu’ils fréquentent le Parc des Princes. En plus de son assise sportive et économique, le PSG perd son assise populaire. Quand tout s’écroule on s’éprend à rêver d’un miracle. Dans le football moderne, un miracle ressemble souvent à un milliardaire qui rachète un club en y faisant le ménage pour imposer sa griffe et gagner des titres.

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Adrien AkA Big Ad, Streetblogger (votre serviteur)

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    1. by Sidy

      http://www.streetblogger.fr Quand tout s’écroule: « Les années passent »… C’est souvent comme cela que depu… http://bit.ly/dgt7eN A Lire ! #yam

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    2. by Sidy

      Quand tout s’écroule: « Les années passent »… C’est souvent comme cela que depuis bientôt dix… http://goo.gl/fb/6JMQ

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    3. by bigad

      Mon article sur le PSG. Fallait que ça sorte ! http://bit.ly/dgt7eN

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    4. by bigad

      @alexnassar http://www.streetblogger.fr/2010/03/21/quand-tout-secroule/

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