Il me faut revenir sur ce qu’a été pour moi le hip-hop pour comprendre la dimension épique que je donne à cette musique.

Pour certains de mes camarades dès l’âge de 12 ou 13 ans le hip-hop a été une révélation. A cette époque j’en étais plutôt à écouter du Punk ou du Rock hardcore, Clash, Sex Pistols, Dead Kennedy’s, The Ruts et autres Cramps et New York Dolls.

A la fac je me suis mis à écouter de la Soul et du Funk, réécouter serait plus juste parce que mon père nous faisait écouter, à mes frères et moi lors des grandes fêtes que ma mère et lui aimaient organiser, James Brown, The Jimmy Castor Bunch, The Wild Magnolias etc.

En fait la discothèque de mon père, il ne gérait pas un night club je parle de sa collection de disques, était très éclectique. Il y avait du classique, je connaissais la neuvième avant que A + ne la reprenne et le Prince Igor avant la version de Warren G, du reggae, Uprising de Bob Marley, du Funk, de la musique Afro-cubaine, Machito, Mongo Santamaria, San Fan Thomas et bien sur de la musique africaine, Franco et le T.P OK Jazz, Pamelo Mounka, Franklin Boukaka. Il n’y avait pas Eboa Lotin et Francis Bebey, ni même les artistes de Highlife que j’ai découvert par la suite mais je crois qu’il m’avait déjà tendu une perche, un pont vers mes racines tout en me permettant de me projeter en dehors sans pour autant les couper ou les perdre de vue.

J’ai apprécié The Cure, Depeche Mode, Siouxsie and The Banshees, Devo, Ultravox, The Bugles, Killing Joke, Billy Idol, Nina Hagen, Nena, Pat Benatar, Joan Jett and the blackhearts, Yes, Simple Minds, Spandau Ballet, Kate Bush, Prefab Sprout, pas mal de groupes que mes grands frères écoutaient ou que j’ai découvert par moi-même.

J’aimais aussi le rock français avec Téléphone, Starshooter, Curfew, Taxi Girl. J’aime toujours le Rock même si j’écoute moins ZZ Top, AC/DC et plus Chuck Berry et Little Richard.

Aujourd’hui j’apprécie surement plus Stevie Wonder, George Clinton, Don Blackman, Junie Morrison, Patrice Rushen, Bob James, George Duke, Norman Connors, Michael Henderson, Eddie Henderson, Bobbi Humphrey, Minnie Riperton, Chicago Gangsters, The Jackson Sisters, Leon Haywood, Leon Thomas, Labi Siffre, entre autres. Peut être parce que j’ai écouté Ornette Coleman, Miles Davis, Charlie Parker, Sun-Ra, Pharoah Sanders, Art blakey, Charlie Mingus, Lester Young, Cecil Taylor, Abbey Lincoln, Horace Silver et tant d’autres.

Avant eux j’avais écouté King Oliver, Bessie Smith, Howlin Wolf, Champion Jack Dupree, Blind Lemon Jefferson, Robert Johnson, Ida Cox, Trixie Smith, Lil Johnson, Rosetta Tharpe etc.

Où est ce que je veux en venir avec toutes ces influences ?

Je veux simplement dire que c’est tout cela qui m’a amené au hip-hop et que le hip-hop contient un peu de tout cela.

Que le hip-hop est né de la rencontre de Jimi Hendrix et des Last Poets pour Doriella Dufontaine, qu’il est né de la rencontre de Jimi Hendrix et Larry Young. Qu’il est né aussi de la musique de Gil Scott-Heron, aussi bien que des doigts agiles de Fats Waller ou Art Tatum.

Qu’il résonne comme les cris d’Aretha ou les invectives de Fela à l’encontre d’Obasanjo et de son gouvernement, enfin sa junte militaire.

Je pourrais aussi bien dire que le hip-hop réside dans les pleurs de Joan Baez pour les quatre petites filles de Birmingham que dans les chants d’oiseaux que Saint-Georges tire de son violon.

Le hip-hop est la colère d’un peuple en marche tout autant que sa joie de vivre et son sens du partage.

Le hip-hop c’est un peu comme cette histoire du jeune page qui après maints aventures devient un preux chevalier. Le hip-hop c’est l’histoire de cette petite graine qui est arrivée par bateau et qui contenait malgré sa taille, la forêt que je contemple devant moi et dont les arbres s’étendent à perte de vue.

Le hip-hop a le gout du sang tout autant que celui du miel, celui du sucre tout autant que celui du sel. Il est amertume et réjouissance, combat, violence mais aussi chant d’amour et de paix.

Il est l’éclair terrifiant de la tempête tout autant que le rayon de soleil d’une après midi estivale tranquille.

L’histoire du hip-hop est une véritable épopée, un peu comme l’histoire de la planète et de sa galaxie.

Le hip-hop est à l’image de l’homme qui peut être un sacré fils de p… aussi bien qu’un génie incroyable.

Merci à Guillaume Laborde pour l’illustration

http://web.me.com/g.lab/photographie

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