Il y a vingt-quatre ans naquit en Angleterre un petit félin. Elevé dans les plaines industrielles et brumeuses du quartier de E3 à Londres, le jeune fauve a été baigné dans les ondes métalliques, spontanées et acides qui émanaient du milieu underground de la rave. Impossible pour lui néanmoins d’échapper aux rayons de hip-hop, de soul et de dancehall qui ont toujours éclairé la paysage musical urbain anglo-saxon. Surdoué formé à plusieurs écoles, c’est d’abord avec des vinyles et un fader qu’il appris à s’exprimer alors qu’il n’était encore qu’adolescent. Itinéraire assez logique qui va vite l’amener à façonner sa  propre mixture sonore. C’est à ce moment là que prend vie l’identité musicale qu’il exposera sur son premier essai Boy In Da Corner. Véritable mélange minimaliste d’un monde qui réunit des sonorités déjà évoquées auparavant sur un faux rythme qui dénote avec le passif de celui qui montre grâce à la douzaine de titres qui s’imbrique sur cet album qu’il a appris à chasser seul. C’est d’ailleurs au sortir de cet album qu’il quitte la meute pléthorique du Roll Deep Crew qu’il avait intégré quelques années plus tôt. Fâché avec Wiley, qui participe pourtant à son premier album, il part fort d’un succès amplifié quelques deux ans après par le film Rize, qui exporte le très lourd « Fix Up,Look Sharp » partout dans le monde.

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C’est durant cette période qu’il embraye sur son deuxième album Showtime, poussé par le single du même nom, qui, lancé sur un rythme effréné, tente de dépasser son grand frère qui fait encore convulser tous les danseurs de krump. Les ventes sont moins bonnes que pour son premier opus, mais restent au-dessus du lot. Définitivement, le jeune loup sait qu’il domine sur un territoire qu’il a aidé à débroussailler pour permettre au grand public d’y accéder. Après trois années d’absence revoilà le mangeur de mic de retour en couleur pour un album qui amorce un long tournant dans sa carrière. Maths+English est un subtile mélange de morceaux minimalistes et obscures de la période 2003-2004, mais aussi une adhésion plus marquée avec la culture hip-hop avec les morceaux “Old Skool”, “Sirens” ou “Where’s Da G’z” avec les UGK en guise de mastodontes qui viennent exploser en règle une production maison de Dizzee et Cage, l’éminence grise. C’est aussi le début d’un rapprochement avec la culture pop locale en invitant Lilly Allen et en samplant Alex Turner, autre surdoué qui officie dans la brousse rock avec les Artic Monkeys. L’album se place quatrième des ventes anglaises. L’essai est marqué. Il est transformé un an plus tard, alors que sort le single “Dance Wiv Me” alors qu’aucun album n’est annoncé ! Accompagné d’un surdoué de l’électro en la personne de Calvin Harris, Dizzee Rascal rugit désormais au sommet des charts anglais et s’exporte de plus en plus. Tournée aux USA avec El-P et dates en Europe, notamment au festival Villette Sonique avec The Clipse. Après des mois à surfer sur ce succès, il amorce la montée vers Tongue ‘N’ Cheek son tout nouvel album sorti en septembre dernier. Et sur ce chemin il ne lâche pas la tête des charts avec “Bonkers”, immense tuerie électro orchestrée par un Armand Van Helden sortie de sa dépression post-80’s, puis “Holiday”, solution à nouveau administrée par Calvin Harris  pour régner sur toute l’Europe l’été dernier.

Trois singles numéros un d’affilée, un record depuis longtemps outre-Manche et apogée avec 200 000 albums vendus en deux mois ! Des chiffres bien au-dessus de nos artistes urbains français les plus populaires. C’est fort de ce statut de star incontestée de la musique anglaise qui peut intervenir à la fois au Cypher des BET Awards qu’aux côtés de Shirley Bassey, s’est présenté à nous (Lya et moi-même) à l’occasion de son concert à Paris au Bataclan.

En live, Dizzee Rascal donne la pleine mesure du travail de fourmi effectué en studio. Entourée d’une équipe de choix, le show est fourni. Tout d’abord les sets de DJ Semtex véritable sommité au royaume de sa majesté. Respecté pour son travail de dj, il a façonné et poussé beaucoup d’artistes. Ces derniers temps, c’est en tant que journaliste-intervieweur de Jay-Z, Eminem, Drake, KiD CuDi ou Birdman qu’il s’est illustré. Il a jonglé dans ses sessions entre dubstep, electro et rap us pour garder le public en haleine. Les Newham Generals, protégés de Dizzee sur son label Dirtee Stank, attaquent la première partie tout en lourdeur naviguant entre grime, dubstep et electro. Pétris de talents, leur première partie s’est un peu éternisée. Arrive enfin le mangeur de mic, qui dévore aussi la scène. Accompagné de son backeur d’élite, Scope, les collègues enchainent les morceaux et enflamment la foule qui ne cesse de sauter sur chaque refrain, sans s’ennuyer durant les couplets qui sont assurés avec une parfaite intensité tant le rebond entre Dizzee et Scope sont précis pour chaque back. Même les morceaux les plus lents de Tongue ‘N’ Cheek sont réhaussés en live. Le félin communique avec sa meute a tel point qu’il lui fait chanter “Joyeux anniversaire” en l’honneur de DJ Semtex ! Le concert avançant, on enchaine les hits et on arrive au summum “Bonkers” ! Véritablement un des hymnes de l’année. Le titre qui a installé Dizzee en haut des artistes urbains européens définitivement. La conquête a déjà commencé !

Voici deux vidéos du concert :

DIZZEE RASCAL & SEMTEX ON TOUR | ITS YOUR BIRTHDAY EDITION from DJ SEMTEX on Vimeo.

Peace

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Remerciements à Pauline de Universal Music

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