Le premier volet de Wu-Tang Meets The Indie Culture a rencontré en 2005 un large écho dans le hip-hop underground, félicité aussi bien par les fans du Wu que par les spécialistes du rap indé. Aujourd’hui encore, on en parle comme un des meilleurs projets parallèles du Wu-Tang. Quatre ans après, c’est non pas Dreddy Krueger mais Willy Friedman qui est en charge du second volet sous-titré Enter The Dubstep. Comme son nom laisse indiquer, l’idée est de déporter les œuvres des membres du Wu et Wu-affiliates en Angleterre pour rencontrer la culture underground locale. Une manœuvre extrêmement risquée sur le plan musical car on sort radicalement de la culture hip-hop pour une sous-culture urbaine que seuls quelques initiés connaissent. Voici un article qui tombe à pic pour la semaine anglaise sur Streetblogger !

Un initié en dubstep, j’en connais un : mon poto et collègue Big Ad de Streetblogger. Visiblement, le dubstep a déjà dix ans et vient d’Angleterre bien sûr, mais l’émergence au grand public date d’il y a environ deux ans via des radios anglaises type Rinse FM et des DJ’s comme N-Type. Le tempo assez lent vient bizarrement du 2-Step qui est une musique rapide et les basses ou infra-basses utilisées viennent clairement du Drum & Bass, mais il y a aussi une forte influence hip-hop sur cette musique notamment pour les beats justement. Finalement c’est un peu le screwed & chopped du D&B. Selon Wikipedia et ma fiche d’info, ce sous-genre serait apparenté  à l’électro-dub. Le fait que le beat bien qu’enregistré à 140 bpm soit relativement lent permet de caser des basses très rapides et frénétiques. Malgré tout c’est un genre relativement minimaliste. Les producteurs les plus connus : Zed Bias, Skream, Benga (à produit le dernier Eve) (tous les trois sont des historiques), Rusko (peut-être sur le prochain Missy), Chase & Status [cliquez ici] (leur prods pr Rihanna sont inspirées du dubstep), Caspa, Breakage, Doorly…

Les Djs participant à ce projet sont connus par de rares spécialistes. La liste est longue : Jay Da Flex, Yoof, Chimpo, Pawn, Hellfire Machina, DZ, Scuba Scythe, Trillbass, Dakimh, Parson, etc… Se référer au dos de la pochette du double-CD (!) pour avoir le tracklisting complet [voir image ci-dessous]. En revanche les 19 titres remixés sont tirés d’albums de membres du Wu et affiliés exclusivement édités chez Babygrande. Figurent sur Enter The Dubstep des extraits transfigurés de Wu-Tang Meets The Indie Culture volume 1, Polluted Water de IceWater (le groupe de Raekwon) [cliquez ici], Wisemen Approaching (le groupe de Bronze Nazareth) [cliquez ici], Protools de GZA [cliquez ici] et Dopium de U-God [cliquez ici].

La philosophie de cette série est entièrement respectée car il s’agit bien de mélanger le Wu-Tang Clan et une autre culture émergente, ici bien plus éloignée car on transplante carrément dans un style musical très récent et méconnu mais qui possède des atomes crochus avec le hip-hop. C’est là le but premier de Wu-Tang Meets The Indie Culture, nous faire découvrir d’autres musiques urbaines. Le but secondaire est de penser différemment la manière dont on voit le Wu. Le concept de Enter the Dubstep est pour le moins très original comme choc des cultures, un choc atténué par le très bon travail des DJs qui ont su s’adapter les rythmes aux flows des emcees en recréant tout un univers sonore, se permettant par moment de transformer les voix des rappeurs par divers effets digitaux. Il ne serait pas opportun de juger ces productions lorsqu’on est néophyte. Ce n’est pas une affaire de goût, le but est de découvrir quelque chose de totalement nouveau (en ce qui me concerne). Ce qu’on peut en dire de ces remixes c’est que les sonorités électroniques sont brutales, les beats speed et métalliques. Uniques repères, ces ambiances asiatiques présentes de manière sporadique sur des titres comme « Deep Space » (feat Lord Jamar & RZA) et « Iconoclasts » (feat Bronze Nazareth, Killah Priest & Vast Aire). Des tracks comme « Street Corners » (feat Bronze Nazareth, Byata & Solomon Childs) ou « Now Or Never » (feat Son One) confèrent une atmosphère soit aérienne soit positive qui tranchent littéralement avec les oeuvres originales.

Une foule d’impression s’entrecroisent : l’étonnement, l’effet de découverte sans ménagement, la curiosité, l’incrédulité… On a le droit d’être déboussolé, voire réfractaire à ces cross-overs aliénés (pour des raisons artistiques ou de principes), d’avoir mal à la tête parce que la musique vous tape sur le système ou au contraire de se défoncer le crâne dessus et de tripper comme des malades. Qu’on aime, qu’on déteste ou qu’on apprécie à moitié, ce n’est pas la question, à vous de trouver vos réponses.

Co-auteur : Big Ad

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Ex-rédacteur/chroniqueur pour Rap2K.com et... biométricien !

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