“Un Prophète” , la  sensation du festival de Cannes est surement parti pour être le film français de cette année 2009. Quoi de plus logique lorsqu’on sait qu’aux commandes de ce film on retrouve un réalisateur exemplaire en la personne de Jacques Audiard. Celui qui avec son équipe a été récompensé de huit Césars, pour l’excellent “De Battre mon Coeur s’est Arrêté”, retourne derrière la caméra pour un projet qui a pris plus de six ans pour voir le jour. C’est sur une idée de Nicolas Peufaillit et Abdel Raouf Dafri que ce film de prison a vu le jour. Abdel Raouf Dafri c’est le brillant scénariste de la série “La Commune” passée l’année dernière sur Canal + mais aussi celui du biopic consacré à Jacques Mesrine. Dans “La Commune” il adapte certains caractères de la série Oz, comme les passages où un personnage de l’histoire intervient pour narrer des histoires parallèles à l’intrigue servant à éclairer le spectateur sur l’intrigue. Sur ce film entièrement consacré à l’univers carcéral, on pouvait s’attendre à retrouver des caractères de la meilleure série jamais consacrée à la prison. Il n’en est rien dans « Un Prophète ».

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« Un Prophète », c’est l’histoire d’un jeune homme qui va s’accomplir en prison. Lorsqu’il intègre, la Centrale, c’est-à-dire la prison pour majeurs, Malik 19 ans, sans parents, sans attaches mais aussi sans savoir est perdu et on ignore tout de lui, et il faut croire que lui aussi. Très vite sa solitude saute aux yeux, du clan corse qui règne sur les prisonniers et même le personnel. Ils vont s’en servir pour accomplir les basses tâches. Lui va se servir de cela pour développer son réseau et survivre dans un univers qui ne pardonne aucune faiblesse. Une chose est sure : le film ne ressemble à aucun autre film sur le sujet. Ici pas de super-héros capable de s’évader de prison, pas de revanchard qui se tente de se remettre d’une erreur judiciaire. Ce n’est pas le thème du film. Il ne ressemble à aucun autre notamment par son étonnante sensation d’être plongé dans une sorte de documentaire scénarisé et surtout celle d’être dans la prison avec les personnages. Si l’histoire peut rappeler l’ascension de d’autres gangsters au cinéma, ici rien n’est facile, rien n’est donné au héros, car son environnement n’est pas romancé. Il faut toutefois gardé la précaution de dire que s’il y a bien un soucis extrême du détail réaliste (les figurants sont d’anciens détenus et la prison reconstituée dans une ancienne usine a été construit minutieusement au détail près) dans « Un Prophète », il n’est pas utilisé à des fins de dénonciations des rouages du système carcéral français, mais tout simplement pour y voir l’intrigue s’y développer toute fictive qu’elle est !

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Ce qui ressort de “Un Prophète”, c’est aussi la performance des deux acteurs principaux. Tahar Rahim dans le rôle de Malik, et l’énorme Niels Arestrup dans le rôle de César parrain déchu du milieu corse qui tente de garder le contrôle de son business à l’extérieur, depuis sa cellule. Tahar Rahim, n’a pourtant pas l’image qu’on s’est habitué à voir dans les films et séries du genre notamment avec son physique juvénile qu’on pourrait presque jugé trop frêle pour la prison. Déjà dans La Commune, il m’avait paru un peu tendre aux premiers abords pour le rôle de petite frappe qui lui était confié. Dans « Un Prophète » il déploie tout son talent pour camper un héros vrai, hanté par ses fantômes et tiraillé par ses lacunes notamment du point de vue scolaire, qu’il va combler et mettre à contribution pour s’en sortir. Acteur que nous avons eu l’occasion de rencontrer avec Reda Kateb qui campe le rôle de Jordi le Gitan, il s’est montré très lucide et encore tout impressionné de l’expérience cinématographique auquel il a participé. Force est de constater qu’il a relevé le défi posé par le film de Jacques Audiard avec brio. On sent qu’à travers la montée en puissance du héros, lui-même gagne une consistance. C’est pourtant les moments du premier tiers du film qui ont été pour lui les plus durs à jouer avoue t-il, là où le personnage de Malik doute et souffre mentalement.

“Un Prophète”, c’est une vraie plongée dans l’univers carcéral d’où on ne sort pas la tête pendant 2h30. C’est aussi une oeuvre sublimée dans toute sa noirceur par Jacques Audiard et sa caméra. On retient par exemple une scène de fusillade mémorable, avec un plan magnifique sur Malik. Ce film dur et brutal, mais aussi empreint d’enseignements comme celui de la quête et de l’utilisation du savoir ne fait aucune concession. Encore une fois Jacques Audiard nous prouve qu’avec patience et remise en question, on peut atteindre des sommets cinématographiques, car il faut le dire “Un Prophète” n’a rien à voir avec “De Battre mon Coeur s’est arrêter”, à par deux acteurs et le fameux sac Leclerc que traînent les héros des films. Définitivement un film à voir dès sa sortie sur les écrans le 26 août.

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