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On pourrait trouver son nom de scène prétentieux mais il n’en est rien. Ce n’est pas du tout comme si Amanda Diva s’était autoproclamée ‘diva’ comme Beyoncé (avec son titre dirty cradingue du même nom) ou si c’était une star capricieuse qui chante en play-back comme cette pouf de Mariah Carey. Rien à voir. Amanda est une diva à part, dénuée de tous les défauts qui font d’habitude leur réputation.

Pour pas mal de monde, Amanda Diva a été révélée sur « Manwomanboogie » de Q-Tip (tiré de son ‘futur classique’ The Renaissance), mais avant ça, elle a remplacé la chanteuse Natalie du groupe Floetry durant leur tournée en 2007, ce qui lui a permis de partager les scènes et le public avec Marsha Ambrosius (qui est une vraie diva de la Soul, elle au moins). Et avant ça encore, elle était animatrice, poétesse, slammeuse… Nsia (la nouvelle rédatrice sur Streetblogger) a écrit un très bon article sur cette artiste (lire l’article “Amanda Diva ou la diva d’une nouvelle génération”), une artiste polyvalente et douée par nature qui s’est fait un nom dans chaque courant ou métier qu’elle a arpenté. C’est ce don qui correspond sans ambiguïté à la définition de diva : être capable d’être talentueuse, reconnue et acclamée dans divers registres. Voilà la raison pour laquelle Amanda Diva possède un nom qui ne ment pas et qu’elle porte dignement.

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Si vous vous intéressez naturellement à cette artiste, c’est que vous avez été attiré par la pochette très “back to the 80s” (avec ce look fluo flashy et bariolé et ce collant en spandex qui faisait fureur à l’époque) et la typographie qui rappelle les albums des Tribe Called Quest justement, ou alors que vous connaissez cette b-girl jazzwoman avec son premier maxi The Life Experience. Si c’est le cas, vous êtes un sacré connaisseur et je vous dis bravo. À la base, cet EP devait se nommer The Love Experience mais comme l’explique Amanda, elle a déjà connu l’expérience de l’amour donc elle a préféré l’appeler par les trois choses qu’elle préfère : les rimes, la Soul et le spandex (cette matière synthétique qui sert à faire des vêtements moulants). Autre détail qui a son importance, le genre auquel appartient cet EP, c’est que iTunes le classe dans une catégorie alien, « hiptronicsoul ». Une néologisme qui donne la couleur ! Pis tiens, en parlant de néologisme, ce format est un « FreEP », abréviation de ‘free EP’. Oui, oui gratuit, vous avez compris donc je vous laisse le temps d’aller le télécharger (à moins que ce soit déjà fait) sur myspace.com/amandadiva,  à moins que vous préfériez lire ma chro jusqu’au bout. Personnellement, j’en doute (mais je ne le prendrai pas mal lol).

Ce serait un raccourci trop facile de dire que cet EP est excellent. Amanda Diva est excellente, les instrumentaux sont excellents, et a fortiori les producteurs sont très bons. Pourquoi n’ai-je pas mis la note maximale : parce que je pense – ô subjectivité – que la vibe aurait pu être un cran au-dessus. OK, mais pourquoi Spandex, Rhymes, Soul est si bon ? D’abord par la générosité de ce EP : dix morceaux (sans compter l’intro et l’outro) avec une chanson live en bonus. Plus c’est long, plus c’est bon ! Trop bon même. Le « Get Started Intro » est cool et embraie sur la seconde piste, le scintillant « Neons » feat Johnny Polygon et produit par Droop-E, une chanson nocturne qui pétille aux oreilles. Un moment de magie que je pourrais me passer en boucle inlassablement. « Dusk Til Dawn » offre une instrumentation acoustique qui sied à ravir à Amanda et son chant que l’on peut qualifier d’élégant et nonchalant. Rien qu’à l’entendre, elle dégage beaucoup de classe et d’aisance, la marque des grandes chanteuses de Soul et de Jazz. Et rapper ? Aucun problème, sur le morceau suivant, le revendicateur « Rebels », produit par un inconnu (Kovas).

On n’a de cesse d’être bluffé par les changements de style, les mélanges des genres et les interprétations d’Amanda. Prenez le splendide « Little Things », où nos sens sont transportés dans un univers sonore multidimensionnel, ou alors l’entraînant « Get It Right » qui fait penser à des productions du (troisième) type Andre 3000, qui nous donne l’envie de bouger ensemble et taper dans les mains. Alternativement, les pianos apportent une touche classique qui joué de sorte à retrouver cet esprit soul/jazz un brin postmoderne. Dans ce genre-là, on doit « Devils » à Chuck Inglish, la moitié des Cool Kids. Son instru change radicalement des beats ultra-perfectionnés et épurés de leur EP The Bake Sale. Rien que mettre un instrument de musique et une guitare rock, c’est un étonnant bouleversement mais cette chanson n’en garde pas moins une certains simplicité. S’ensuit « Colorblind », toujours avec du piano, cette fois entêtant au sens burlesque. Amanda chante très bien sur l’air, que Johnny Polygon finit par fredonner vers la fin. Et vous ne devinerez jamais par qui ce titre a été conçu : DJ Green Lantern. Moi-même ça m’en a bouché un coin qu’il fasse un instru comme ça. On le retrouve sur un de mes autres morceaux favoris, « Heart Strings », ultra-jazzy, ultra-smooth, très tamisé, super velouté… Je suis fan ! « Supersonic Supernova » a le nom d’un bouquet final pas si explosif qu’on le pense, c’est une très belle chanson regroupant rock, électro, soul et beat hip-hop, bref universel, avec un soupçon de mélancolie, une émotion qui grandit à l’intérieur de nous. On écoute parce que c’est beau et que ça fait quelque chose, c’est incroyable.

J’ai dégusté un des meilleurs EP depuis longtemps. C’est dingue, c’est comme de la mousse au chocolat, ni trop amère, ni trop sucrée, ni trop légère, ni trop consistante, avec un fine sauce au café le tout saupoudré d’un colorant doré et argenté. Avec une gaufrette plantée dedans et une framboise pas trop acide, servi avec une présentation très moderne. Je vais vous dire un truc, lorsque je bave devant un plat ou une pâtisserie, j’ai l’habitude de dire « mmh ça a l’air vachement bon ça dis donc! ». J’ai eu la même réaction en voyant les caractéristiques de cet EP et si je pouvais m’en lécher les doigts et l’assiette, je le ferai volontiers. Amanda Diva, une femme néo-urbaine inclassable, au même titre que Janelle Monae. Je suis obligé de la classer dans toutes les catégories du mon blog pour la peine ! C’est clairement le genre d’artiste que j’aimerai entendre tous les jours, sa musique me parle et me régale.

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Ex-rédacteur/chroniqueur pour Rap2K.com et... biométricien !

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