Quand un artiste comme Raphael Saadiq passe à Paris, c’est un rendez-vous à ne pas manquer. Il est si rare de voir ce chanteur et musicien de génie passer dans la capitale. Peut-être faut-il vous rememorez le pédigré de cet artiste : producteur pour A Tribe Called Quest, Stevie Wonder, Earth Wind & Fire, Joss Stone, Whitney Houston, Q-Tip, Babyface, Ludacris et j’en passe … Bien sur je n’oublie pas sa collaboration énorme avec D’Angelo qui a fait de Brown Sugar un des plus grands albums soul de ces vingt dernières années. Raphael Saadiq c’est aussi un chanteur et un membre de plusieurs groupes. Le premier fut le trio Tony ! Toni ! Toné !, mais le plus connu fut bien sûr Lucy Pearl avec Dawn Robinson transfuge des En Vogue, et Ali Shaheed Muhammad producteur des A Tribe Called Quest. Le résultat vous devez vous en souvenir ce sont deux singles (Dance Tonight et Don’t Mess With My Man) qui ont eu un énorme succès au début du troisième millénaire. C’est aussi en solo après l’expérience Lucy Pearl qu’il s’affirme. En 2002 avec Instant Vintage, en 2004 avec As Ray Ray qui avait reçu un accueil mitigé. Cette année était celle de son grand retour avec The Way I See It, véritable bijou de soul rétro où rien n’avait été laissé au hasard même la qualité sonore du micro qui rappelait furieusement celle des années 60.

Le Showcase était bondé pour ce concert. Après 45 minutes de retard, Raphael Saadiq et son groupe se présentent sur scène face un public quelque peu échaudé par l’attente. Accompagné de deux guitaristes, un bassiste, un batteur, un clavier, un trompettiste, un saxophoniste et deux choristes, Mr Saadiq dans son costume beige va tout de suite adoucir les esprits avec ses mélodies et sa voix quelque peu androgyne. Il commence sur les morceaux de son dernier album dont le single “Luv That Girl” qui met en joie le public. Très vite il continue à explorer sa discographie en jouant “Still Ray” avec son piano qui pourrait faire penser à “Still DRE“. Il entretient une relation avec ses choristes en les mettant assez souvent en avant en les faisant participer de manière prépondérante aux morceaux qui nécessitent une voix féminine. Par exemple sur “Just One Kiss” initialement en duo avec Joss Stone, ou encore “Dance Tonight” où Dawn Robinson donnait la réplique à Raphael Saadiq dans le cadre de l’entité Lucy Pearl. Il y a très peu de pauses entre chaque morceaux et le public semble apprécier fortement la décontraction et le sérieux de Saadiq et sa bande sur scène. A l’image des formations soul des années 70, plusieurs fois il se laisse aller à des chorégraphies avec ses deux choristes.

Raphael Saadiq n’oublie pourtant pas qu’il est aussi un musicien de génie, et il s’empare d’une guitare et commence à jouer les notes de “Don’t Mess With My Man” ce qui fait déjà lever les clameurs du public. Faux-départ cependant puisque il s’arrête très vite en affichant un large sourire fier de la petite blague qu’il vient de faire. Malgré tout il se laisse aller avec son groupe à plusieurs minutes de pure musique sans aucune paroles ou animés par des solos de sa choriste. Un peu plus tard dans le concert, il prendra la place de son bassiste à l’allure juvenile pour une nouvelle fois mettre en avant sa choriste dans un duo de haute volée. Il termine sur LE titre ultime de sa discographie à mon goût, “Get Involved” composé pour la BO du film “The PJ’s“. Que dire à part que cette chanson est un vrai produit dopant musical fait pour remonter le moral en cas de baisse inopinée. Un délice porté aux nues sur scène avec l’ajout de la trompette et du saxophone qui donne une touche supplémentaire pleine de couleurs à ce titre qui n’en manque pas. De plus le plaisir intense que m’a procuré cette chanson en live est prolongé pendant plus de cinq minutes. Au dernier coup de baguette du batteur, Raphael Saadiq salue le public après une heure d’une prestation complète et d’une excellente qualité, suivit par son groupe.

Bien sûr le départ fut de courte durée puisqu’il revient sur scène en aillant abandonné sa veste, sa chemise et sa cravate pour terminer en débardeur laissant transparaître sa musculature recouverte de tatouages. Nul doute que les demoiselles dans la salle ont apprécié. Il reprend par “Big Easy” un des meilleurs morceaux de son dernier album. Cette chanson au rythme enlevé paraîtrait presque joyeuse si elle ne traitait pas de l’ouragan Katrina et de ses conséquences toujours bien présentes dans les têtes. Après plusieurs deux dizaine de minutes passé sur scène, Raphael Saadiq entame le très sexy “Let’s Have a Walk” tel un air de blues où le chanteur après chaque accord de guitare prend la parole pour commencer son histoire. Celle de cette chanson parle du fruit défendu et ne devrait pas être chantée dans une église de sitôt malgré l’air solennel et la sonorité gospel de cette superbe chanson qui se prolongera près de dix minutes durant. A la fin  ce qu’on peut appelé une deuxième partie de concert tant ce rappel fut d’une longueur appréciable, Raphael Saadiq et sa troupe quitte la scène sous les vivas du public conquis par cette véritable démonstration de talent et de musique. Rien à redire, nous avons eu à faire avec un génie de la musique et on espère le revoir très vite à l’oeuvre !

Peace

Adrien aka Big Ad -Streetblogger.fr (votre serviteur)-

About the author

Adrien AkA Big Ad, Streetblogger (votre serviteur)

    Leave a Reply

    Your email address will not be published.

    You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>