Adrien : Comment vous êtes tomber dans cette passion pour les sneakers ?

Karim : Ca a commencé vers 1984-1985, puis dans la folie de se déplacer pour aller à New-York prendre des baskets c’était en 1989. C’était mon premier voyage à New York et ça m’a mis le cerveau à l’envers.

Nasha : T’avais quel âge ?

Karim : J’avais 16 ans. Avec un pote du 20e, on était devenu fou devant Do The Right Thing (film de Spike Lee) et on a travaillé tout l’été pour partir à New York. On est parti 4 jours, on est revenu, on a vendu trois quatre paires, on est reparti trois mois plus tard et ça a commencé comme ça.

Yassine : Pour moi ça a commencé vers 1993 avec la première Jordan 7. C’est à partir de là que j’ai commencé à essayer de récupérer le maximum de paires que j’avais pas.

Adrien : C’est quoi le déclic qui vous a mis dedans ?

Karim : Pour ma part je trainais ave tous les mecs qui tournaient autour des IZB, qui organisaient des soirées et qui partaient déjà à New York. C’était nos ainés à l’époque et nous on distribuait des tracts pour eux et leurs soirées et en contrepartie on rentrait dans les soirées à l’oeil. C’était des mecs qui avaient toujours de pures Fly, de Jordan … C’est eux qui ont commencé à nous motiver pour bouger, qui nous ont donné deux trois adresses, puis une fois sur New York tu trouves les adresses par toi-même. Puis c’est aussi dû au fait qu’on a toujours été pauvre en France et sur Paris en terme de modèles …

Adrien : Il y avait quels modèles à l’époque ?

Karim : Il y avait les Force 5, et d’autres modèles qui étaient pour le monde du basket-ball et que nous on reprenait.

Yassine : Il y avait aussi la Jordan 5 qui commençait à arriver en France avec Top Basket …

Karim : … T’avais aussi le magasin de George Eddy qui s’appelait Magic Basket au métro Poissonière. C’était tout petit, ça faisait même pas 10m carré. Il y avait aussi Tikaret. C’était un peu ce qu’on fait, c’est-à-dire qu’il y avait des mecs qui ramenait de la sappe à Daniel de Tikaret, c’était une sorte de dépot-vente. Ca pouvait être des baskets, des gooses, des t-shirts et parmi ce que les gens déposaient tu pouvais trouver une paire de Air Flight à 1 500 francs ! A l’époque ce qui était marrant c’était que si tu croisais un mec avec une paire de Jordan en général tu le connaissais; ou si tu le connaissais pas il y avait un autre mec que tu connaissais qui disait “j’ai vendu une paire de Jordan à un mec” et en fait il s’avérait que c’était le mec que t’avais croisé. C’était un milieu très fermé. Il m’est déjà arrivé de croiser des gens qui avaient des pompes que j’avais vendu à quelqu’un d’autre. Puis à l’époque tu faisais pas ça en grosse quantité puisque c’était surtout pour amortir le billet d’avion qui coûtait environ 2 000 – 2 500 francs sur les charters. Tu ramenais une fat goose et deux paires de baskets et tu avais amorti ton billet d’avion.

Adrien : Mais vous ne partiez que dans le but de revendre à votre retour ?

Karim : Au début je revendais les trois ou quatre paires que j’achetais à chaque voyage et je repartais à New York avec l’argent que je m’étais fait et je me rachetais de nouveaux trois quatres paires. Puis quand j’ai eu un boulot fixe à côté j’ai commencé à me garder une paire de côté. C’est là que j’ai commencé ma collection, mais jusqu’en 1996 j’avais deux ou trois paires pas plus. Mais c’était un roulement, tu les portais, les mecs savaient que tu les avais, et quand tu voulais les vendre tu galérais pas pour trouver un acheteur car il y avait déjà des gens à l’affut.

Adrien : Et pour toi Yassine, qu’est-ce qui a été le déclic ?

Yassine : Ca a été le hip-hop, les clips, quand on voyait un rappeur avec une grosse paire de basket, on voulait la même. Puis bien sûr il y a eu Micheal Jordan…

Adrien  … C’est vrai que je me souviens que lorsqu’on jouait au basket, on cherchait toujours à avoir les paires des meilleurs joueurs.

Yassine : Bien sûr, t’avais les Jordan, mais aussi les Barkley etc… Moi c’est vraiment le basket-ball et le hip-hop qui m’ont donné cette passion.

Karim : Moi j’avais focalisé sur tout ce qui était Flight vers 1989. A New York, elles étaient bon marché autour de 40$.

Adrien : Il y avait une grosse différence de prix entre les prix américains et français ?

Karim : Entre 200 et 300 francs, sachant qu’à New York, dans le quartier chinois tu trouvais beaucoup plus de modèles en plus du fait qu’elles étaient bon marché.

Adrien : Quelle a été la première paire de basket que vous ayez acheté ?

Karim : C’était une Wimbledon, ça ressemble à une classique. C’était aux puces de Montreuil et ça m’avat coûté 180 francs. C’était vraiment la première que je me suis acheté avec mon argent et j’en étais fier. Ca devait être en 1986-1987.

Yassine : Je cherche, je cherche… Ah ! C’est une paire que j’avais acheté à un pote à moi. C’était des Fila montantes blanche et violette. C’était en 1994. Elles avaient la forme d’Air Force One justement. C’était aux puces de Cligancourt… Je suis retourné trop loin ! (Rires)

Adrien : Quel est votre modèle préféré ?

Karim : Celui pour lequel je meurs, c’est la Jordan 4 blanche et ciment. C’est cette paire là qui m’a fait bouger aux Etats-Unis. Je l’ai découvert en regardant “Do The Right Thing” de Spike Lee. J’ai fait des kilomètres pour la trouver. Je l’ai acheté trop grande pour moi, je l’ai mise quand même. Je l’ai porté pendant un an et j’ai réussi à la revendre quasiment au prix où je l’avais payé. Quand elle a été rééditée en 1999, je me suis pas posé de question et j’en ai acheté quatre paires. Après la paire que j’ai eu le plus, c’était la Air Flight 89. Tu pouvais avoir presque dix paires pour 400 euros aujourd”hui/ C’était une paire bon marché, donc t’étais pas énervé si quelqu’un te marchait sur le pied. A la base j’aimais cette paire parce qu’elle avait la base de la Jordan 4 qui était sortie la même année;donc c’était le même moule!

Yassine : Sans hésitation, la Air Force One. C’est celle qui traverse le temps et qui restera. Après j’ai une petite préférence pour celles qui ont du vynil dessus. Mais mon modèle ça reste la Air Force One.

Adrien : C’est sûr que c’est vraiment le modèle qui a traversé les années. En plus je crois qu’il y a des centaines de modèles…

Yassine : Ca a été décliné en plus de 1 000 coloris. En plus elles représentent un quartier que je kiffe qui est Harlem. Il les ont appeler “Uptown”, parce qu’elles étaient vendues uniquement à Harlem au moment de leur sortie.

Adrien : Peux-tu comptabiliser le nombre de paire de baskets que tu as ?

Yassine : Oula ! On va dire … (Il cherche) C’est compliqué parce qu’elles sont dispatchées. J’en ai quelques unes chez une amie à moi à New York, en général ce sont des paires que j’ai en double. En tout je dois avoir 400 paires. Ca va de Jordan à Barkley, quelques paires de basket-ball mais par contre je suis pas du tout running, j’ai pas de Air Max ou d’autres… La seule paire que j’ai c’est la 180 Soul Collector ID. J’ai fais trois jours d’attente dehors à Miami pour la prendre. J’étais le troisième dans la queue, ils hallucinaient tous. Tout le monde se demandait d’où les autres venaient, en général ils disaient Orlando, Tampa, Denver et quand j’ai dit que je venais de Paris et que j’ai montré mon passeport, ils ont tous hallucinés. Il y avait un règlement qui disait qu’on avait le droit de quitter la queue pendant une heure et il fallait être là à chaque appel au risque de perdre sa place.  Et au final je l’ai eu. Il y avait que 144 paires. Je l’avais payé 140$, ça en vaut 800 aujourd’hui.  Je la porterais jamais, je la garde, c’est un souvenir.

Adrien : Qu’est-ce qui t’as attiré le plus dans les baskets ?

Yassine : Dans la musique, il y a ce côté où ils arrivent à vendre du rêve et on a envie d’être comme le chanteur en s’identifiant à lui. Puis ensuite on s’intéresee plus à la basket en elle-même. La silhouette, les matériaux, les couleurs utilisées, la technologie au fur à mesure que la chaussure évolue. Par exemple sur la Jordan 11 en vynil noir, j’ai craqué quand j’ai vu Busta Rhymes qui les avait dans le clip de Woo Ha, j’ai fait “mais c’est quoi cette Jordan ?” . Je kiffait le vynil et je suis devenu fou. La même année, j’ai acheté une paire d’Air Force One en vynil blanc. Mon cousin me l’avait ramené du Japon et ils avaient tous hallucinés ici. C’est l’évolution dans la chaussure qu’on commence a apprécié, puis ensuite on personnalise ses goûts. C’est pas parce que Jordan à portée une paire qu’elle est jolie. Par exemple la 1991, quand Jordan l’a portée, je la trouvait vraiment pas belle. C’était une botte de ski ! Y’en avait plein qui l’avait acheté parce que c’était Jordan, mais moi mon coup de foudre ça reste la Jordan 7. Celle qui est grise et noire avec la languette bordeaux. En plus avec cette Jordan, il avait fait toute une ligne de vêtements qui reprenait le côté africain qui était grave à la mode. C’était mortel, ça allait pas ensemble mais ça faisait quand même un truc homogène. Après j’ai au moins une vingtaine de teddy Jordan, des vestes comme celle-ci (voir photo) avec des fermoirs qui ont la forme du sigle Jordan ou en forme de semelles. Celles-ci, je suis un vrai accroc (Rires).

Karim : Dans le milieu hip-hop à l’époque on était pas beaucoup, peut-être une trentaine de personne sur la région parisienne. Donc tout le monde se connaissait, se regardait, et c’est ça qui m’a attiré en fait. En plus quand on était gosse on avait une paire par an, sans vraiment avoir le choix. Tu la mettais et tu l’usais. La preière fis que tu te retrouves de l’autre côté de l’Atlantique et que t’as le choix, forcément tu te laches. Après je suis rentré dans le business au moment du départ de Jordan en 1998-1999 et qu’on a vu que les paires étaient passés de 800 à 1500 francs. Presque toute les boutiques avaient montés les prix, du coup je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire.

Adrien : Qu’est-ce qui vous a amené à ouvrir un magasin de sneakers à Paris ?

Yassine : Ca vient du fait que mes amis, enfin qui sont devenus mes amis par la suite, ont ouvert Flight Club à New York. C’est un magasin de dépot-vente, et j’ai kiffé le concept. Alors en France, sur le concept de dépot-vente on a tous en tête le côté occasion, donc usé, pas cher, etc… Quand j’ai vu Flight Club, déjà avec le nombre de références et le fait que les baskets étaient neuves la plupart du temps, je me suis dit que c’était un nouveau concept super intéressant. Le propriétaire m’avait expliqué qu’il avait travaillé avec des Japonais à l’époque et que le concept venait de là-bas. Il l’a importé aux Etats- Unis et j’ai travaillé avec eux dans son magasin pendant un an et demi. Après le fait que je ramenais souvent des modèles pour des boutiques ici, m’a fait connaître dans le milieu et j’ai côtoyé beaucoup de gens, des collectioneurs, des revendeurs… Je me suis dit que s’il y avait tant de gens qui sont dans ce délire là et qu’ils connaissent d’autres personnes, qui connaissent d’autres personnes, le concept de Flight Club marcherait ici. Puis j’ai fait les démarches pour trouver un local. On me donnait perdant à 100% car quand on a ouvert, tout le monde revendait ses collections. On m’a laissé tomber en chemin mais j’y croyais plus que tout. J’ai pris Vinny pour la communication. Le jour du pot pour l’ouverture, il y avait plus de 60 personnes dans le magasin. Chacun a fait joué son réseau, et le lendemain, c’était plein à craquer ! On a pas su gérer le fait qu’il y ait tant de monde venu acheter et aussi déposer ! Aujourd’hui, on a 578 clients qui ont déposé au minimum une paire sachant que certains sont revenus plus d’une dizaine de fois. Maintenant je pense qu’avec l’outil internet , ça va marcher encore mieux. Flight Club avait un site internet avant d’ouvrir un magasin. Pour moi le fait de m’être donner à fond fait que le magasin tient debout, bien qu’on roule pas sur l’or.

Adrien : J’ai vu qu’il y a beaucoup plus d’étalages qu’à vos débuts.

Yassine : Exactement. Quand j’avais étudié le rayonnage j’avais envisagé de rajouter des étagères et de pas en mettre trop pour pas que le magasin ne fasse vide. Il y avait entre 150 et 200 paires a début. Des paires personnelles pour commencer, pour le début histoire de faire naître ma confiance chez les gens pour ramener leurs paires. Puis en quelques mois sa a augmenté et on s’est retrouvé avec presque 1 000 paires.

Karim : Ca dégringolait presque tous les jours. ! (Rires)

Yassine : Heureusement que ça a été pensé comme ça, sinon je sais pas comment ça se serait passé. Ca aurait pas été possible je crois. C’était bien de pas mettre trop de paires dès le début car comme ça les gens ont pu saisir l’évolution et reviennent souvent. Par exemple tout à l’heure t’as vu nos deux meilleurs clients, ils ont vraiment vu le magasin évolué. Ils prennent trois ou quatre paires par mois et ils restent toujours impressionés. Même Nasha l’a vu, c’est elle qui avait pris les photos officielles quand il n’y avait rien !

Adrien : Le fait que ça marche bien pour vous, ça semble montrer qu’il existe une vraie communauté d’amateurs de sneakers . Tu pourrais la quantifier ?

Yassine : Pour moi on peut pas la quantifier. Elle va du sneakerhead au client lambda qui rentre presque par hasard dans le magasin pour demander son chemin et qui revoit une paire de Jrodan qu’il aimait dans son enfance.

Adrien : Entre le temps où vous avez commencé et maintenant, il y a tout de même eut un passage d’un microcosme à une communauté élargie ?

Yassine : Oui c’est vrai. Même au niveau de la tranche d’âge.  Au début on voyait plus de gens entre 20 et 30 ans, pour ajourd’hui passer entre 15 et 40 ans.

Adrien : De plus j’ai l’impression que les gens qui viennent ne sont pas forcément liés au monde du hip-hop ?

Yassine : Exactement, il n’y a aucun stéréotype par rapport à ça. C’est vraiment une clientèle écclectique.

Adrien : C’est vrai que je viens de voir quelques jeunes qui semblent plus proche du courant electro rentrer.

Yassine : Il y a vraiment de tout. Il y a aussi l’emplacement qui joue. On me disait “tu vas voir cette rue est morte”, mais finalement ça marche. Mais je pense que c’est grâce à l’activité. Si il y a une bonne activité, les gens viendront. Si un magasin de basket ouvre au fin fond de je ne sais où,  juste pour voir ce qu’il fait forcément tout le monde ira voir.  Donc pour moi c’était pas un critère de se dire que la rue n’avait pas de passage. Même les commerçants qui sont à côté trouvent qu’il y a plus de monde depuis qu’on est là. Par exemple les tektoniks adorent les Jordan 1, les chaussures colorées , c’est quelque chose qu’on ne savait pas au début. Par contre dès le commencement on a voulu cibler la clientèle féminine. Je voulais qu’il y ait énormement de modèles pour filles. Je voulais vraiment de belles choses pour que les filles y trouvent leur compte. On a quelques habituées qui prennent une à deux paires par mois. Il y aussi de filles de province qui viennent car elles trouvent vraiment ce qu’elles aiment.

Adrien : Mais je me demandais, vous faites exclusivement du dépot-vente où vous travaillez aussi directement avec les marques comme ça peut-être le cas pour d’autres magasins ?

Yassine : Non, c’est exclusivement du dépot-vente. Le réseau qu’on avait des collectionneurs, des revendeurs, etc… On a voulu être le pont unique entre tout ces gens. On ne travaille avec aucune marque en direct. Souvent les gens nous envoient des mails pour nous dire les modèles qu’ils vont avoir. C’est mon travail de nuit de leur répondre ! (Rires) Il y a même des personnes à l’étranger. Nike nous a mis des bâtons dans les roues sur ce point, mais avec tous le réseau que j’ai aux Etats-Unis, on pourrait ouvrir un magasin comme celui-ci là-haut. Il  aurait facilement sa place.

Adrien : Je lisais que vous étiez le premier dépot-vente en Europe. Vous êtes les premiers a utilisé ce principe ou vous êtes le premier concernant le nombre de modèles et les ventes ?

Yassine : Il y en avait un petit rue de Turenne mais qui ne s’était jamais vraiment déclarer en tant que tel. Nous on est les premiers a utiliser ce concept en Europe pour les baskets !

Adrien : C’est quoi le critère quand quelqu’un vous ramène une paire de basket pour la reprendre ?

Yassine : Première chose, l’état. L’authenticité. Après si la paire est trop usé, tout le monde ramène des paires usées et on se retrouve dans un dépot-vente ,au sens péjoratif,vraiment. A partir de là, c’est le prix que la personne voudra récupérer sa paire. Puis administrativement, il faut une pièce d’identité.

Adrien : Est-ce qu’on peut faire des commandes spécifiques dans votre magasin ?

Yassine : On le fait en magasin, mais bientôt sur le site internet qui va ouvrir, il y aura une catégorie “wishlist” dans laquellle les gens pourront rentrer le nom de leur modèle. On fera pas de recherches, mais dès qu’on aura le modèle, les gens recevront un mail automatiquement.

Adrien : Quelle sera l’adresse du site ?

Yassine : Il devrait être en ligne d’ici peu. L’adresse sera www.wallkicksparis.com .

Adrien : Quels sont les modèles que vous vendez le plus facilement ?

Yassine : Paris c’est une ville plutôt running donc je dirais la Air Max 1 qui a toujours autant de succès, la 90′, la Dunk, des modèles mythiques de Jordan comme la 4 ou la 5. On vend aussi beaucoup de tailles enfants dans tous les modèles.

Adrien : Quels sont les projets pour la suite ?

Yassine : On va travailler avec quelques marques et des produits exclusifs que l’on commercialisera. On va développer le côté accessoire surtout. On travaillera un peu plus avec les marques de vêtements. Ce seront toujours des marques “urban culture” pas forcément proches du hip-hop.

Merci

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Questions et photos par Nasha – www.myspace.com/nashaphoto

Propos recueillis par Adrien aka Big Ad -Streetblogger.fr votre serviteur-

Peace

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Adrien AkA Big Ad, Streetblogger (votre serviteur)

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    1. le shop le plus fresh et hip hop de la planète enfin des spècialistes de la sneakers en france !!!

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