La semaine dernière il était dur d’ignorer que DJ Premier était à Paris. Entre pubs répétées sur Générations, flyers et affiches un peu partout dans toute la capitale, l’évènement avait été largement promotionés. Une promotion que l’on peut jugé à la hauteur de l’artiste présent puisque faut-il rappeler le poids de DJ Premier dans le hip-hop de ces vingt dernières années. Des productions aux rythmes lourd et aux samples de jazz ou de soul assemblés de manière unique. Et que dire des scratches aussi simples qu’efficaces qui Primo a su substitué aux refrains chantés tout au long de sa carrière, notamment au sein du légendaire groupe Gangstarr qu’il formait avec Guru. Un an après son énorme show du Bus Paladium, Premier revenait pour deux nuits sur Paris avec son acolyte Blaq Poet en promotion pour son futur album qui sortira chez Year Round Records, le label fondé par DJ Premier himself. Une première soirée dédiée aux morceaux samplés par Primo était prévue au Batofar, mais c’est à la soirée du lendemain au Cabaret Sauvage que nous avons assisté.

Cette soirée consacrée à ses classiques réunissait DJ Noise du Hard Level Crew, DJ Cam et DJ Simsima de la Scred Connexion autour du dj originaire de Houston. C’était DJ Noise qui ouvrait le bal à coup de sons bien senti des Lords of the Underground ou de Common à ses débuts. Les enchaînements entre chaque chansons sont de haut niveau et quand il lance “Ante Up” de M.O.P., la salle explose. Ce ne sera pas la première fois de la soirée ! DJ Noise conclu donc son set brillament.

 

Il laisse la place à DJ Cam qui a déjà travaillé par le passé avec DJ Premier et Guru mais aussi Afu-Ra. DJ expérimenté habitué des combinaisons avec les artistes outre-Atlantique comme en témoigne son album sorti sous l’entité Bouncer Crew. Sa présence ne faisait qu’augmenter la haute qualité de l’affiche proposée. S’il a commencé avec des sons plutôt sages, très vite il enchaîne avec là aussi de gros classiques des années 90 qui font remuer le Cabaret Sauvage. Il surchauffe à son tour le public et joue même un peu les prolongations, Primo se faisant quelque peu attendre.

 

Aux alentours de 2h30 du matin, DJ Premier arrive sur scène, et empoigne le micro. Il commence par un petit monologue qui rajoute de l’essence sur un public déjà en feu rien qu’à sa vue. Puis il lance le premier titre qui est “Recognize” des Lox. La salle se soulève, les gens sautent dans tout les sens, on atteint déjà la folie furieuse. Primo enchaîne avec ses classiques produit pour Jeru The Damaja, D&D Allstars, Nas, M.O.P. … L’ambiance ne perd rien d’intensité. La foule bouge et répond à chaque invocation du dieu de la soirée. Une ronde vient même à se former et Primo balance les sons adéquat pour prolonger la vie de ce cercle. Puis vient le showcase d’un des rappeurs les plus hardcore du rap US j’ai nommé Blaq Poet du groupe Screwball.

 

Le monsieur en impose par son physique renforcé par ses énormes Timberland, son gros baggy et son blouson en cuir. Pourtant son show fait baisser l’intensité de la soirée. S’il reste irréprochable sur l’interprétation de ses chansons pour la plupart produite par DJ Premier, le peu de place et le son qui est plus fort que le volume de son micro ne rendent pas service à la brutalité de chacun de ses couplets. La performance reste toutefois de qualité mais il manque un petit quelque chose. Ce que le public a ressenti. Après le show, Primo reprend les platines toujours encerclé par une nuée de photographes et de caméramans. Il relance les débats avec une sélection exclusivement Gang Starr que le public rechante en coeur, puis viennent aussi les hommages aux disparus que Premier n’oublie jamais à chacun de ses shows. Big L, le légendaire technicien de Harlem, Headcourterz, James Brown ou J Dilla ont droit à leur “Rest In Peace” aux doigts (en forme de L pour Big L) levés vers le ciel et à de petites sessions de leur musique en guise d’hommage de Primo et du public. On retrouve tout le talent de Big L sur son couplet de “Da Enemy” en duo avec un Fat Joe de la belle époque. Puis DJ Premier, trempé de sueur du casque aux baskets, finit son set au bout de deux heures sur ses productions pour Group Home, Jeru, DITC … Une fois sa performance terminée, il prend une quinzaine de minute pour signer des autographes et prendre des photos avec les fans. Il aura décidément eu un traitement digne d’une superstar. DJ Simsima termine la soirée dans un Cabaret Sauvage qui se vide, malgré là encore une pure performance de la part du dj de la Scred Connexion.

Pour ma part c’était la deuxième fois que je voyais DJ Premier, et j’ai encore été ahuri par la prestation du bonhomme. Mais ce qui a été le plus marquant, c’est l’énorme accueil du public. La salle était presque entièrement remplie d’inconditionnels d’un des plus grand dj et producteur de rap de tous les temps. On attend maintenant (en vain ?) les albums avec Nas et en solo d’un vrai dj, performeur, producteur mais aussi producteur exécutif et patron de label. On espère aussi qu’il reviendra très vite en France pour d’autres soirées de feu.

Quelques photos de la soirée :

DJ Cam

 

 

 

 

 

Peace

Adrien aka Big Ad -Streetblogger.fr (votre serviteur)

About the author

Adrien AkA Big Ad, Streetblogger (votre serviteur)

    Leave a Reply

    Your email address will not be published.

    You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>