Aujourd’hui, Streetblogger vous ouvre les portes des hommes qui font bouger Paris et les Antilles avec leur société d’événementiel urbain : Make It Clap. Vous ne pouvez pas ratez leurs événements si vous aimez sortir dans les meilleures ambiances de la capitale que ce soit pour un concert ou une soirée. Rencontre avec deux des trois membres de cette société: Didier aka Papa Pimp et Omax.

Tout d’abord pouvez-vous vous présenter individuellement ?

Omax : Déjà on va présenter les absents. Ciryl, qui est à l’île Maurice avec Admiral T, s’occupe du booking car c’est son rôle dans la société Make It Clap. Il booke des artistes à travers le monde et la France comme Admiral T, les Neg’marrons ainsi que d’autres artistes afro-carribéens que vous pouvez retrouver sur www.micagency.com comme Mali ou Saïk. Nous nous occupons aussi de Dontcha pour le rap qu’on a réussit à faire passer au Gabon pour le festival Gabao récemment. C’est un très gros festival.

Moi-même Omax, créateur et rédacteur en chef du fanzine omax6mum il y a de cela une dizaine d’années. Ancien responsable du rap français sur le webzine HipHop.fr et pour 5Styles. Ancien responsable communication des marques Royal Wear et Urban Act. Aujourd’hui je suis associé et responsable de la partie communication de la société Make It Clap.

Didier aka Papa PimpDidier : Didier aka Papa Pimp. Mon parcours : j’ai fait mes premiers pas « d’entertainer » chez IZB, au bas de l’échelle en tant que distributeur de tracts. Pour la petite histoire, IZB a été le tout premier producteur de concerts à faire venir les pointures US du hip hop, du r’n’b ou de la soul comme Public Enemy en 1989 au Zénith….. Cette expérience m’a permis de réaliser que j’adorais le spectacle et plus généralement l’entertainment en relation avec la musique.

Par la suite j’ai intégré les rangs d’Urban Act qui à l’époque était n°1 des agences de street-marketing en France. J’ai commencé assistant et évoluer très rapidement au poste de chef de projet en charge de la musique et du spectacle.

Après 4 ans derrière mon bureau j’ai décidé de me lancer dans le management d’artistes et l’organisation de concerts et soirées. J’ai eu la chance de rencontrer un groupe de musiciens français géniaux et j’ai conceptualisé un évènement inédit à l’époque qui mêlait live et clubbing dans un esprit soul et hip hop : la Rimshot Party ! Pendant 3 saisons ça été la folie, on a programmé la crème des artistes soul et hip hop / soul de l’époque (Ayo, Nubians, China, Saïan Supa, Kayna Samet, Kohndo, Gage, Stefan Filey….).

Après l’aventure Rimshot, j’ai créé ma structure (Make It Clap), Omax m’a rejoint peu de temps après puis Ciryl notre troisième associé a suivi.

Au sein de notre entreprise, je suis responsable commercial, marketing et logistique. Mais étant une petite structure, chacun peut interagir dans le domaine de l’autre.

Omax : Chacun à un pôle principal à développer mais on prend en compte les avis des autres. Moi, par exemple, je m’occupe de www.omax6mum.com qui est notre vitrine pour la communication, mais si quelqu’un a des idées de soirées ou de clips à mettre en ligne, je le prends en compte. Donc si chacun à ses responsabilités propres, il y a vraiment des interactions dans le travail de tous les jours.

Maintenant est-ce que vous pourriez nous présenter plus exactement Make It Clap, c’est-à-dire vos secteurs d’activités et vos travaux ?

Omax : Make It Clap est un agence de communication/événementiel qui existe depuis deux ans et qui est vraiment structurée, comme elle existe aujourd’hui, depuis un an. C’est une société qui a différentes parties bien distinctes mais qui interactent toutes les unes avec les autres. Le booking artiste et la direction de production sont gérés par Ciryl. La communication visuelle et le web sont mes secteurs. Je gère la communication autour de nos produits (soirées, merchandising, communication interne (ou b to b)) ou ceux de nos clients en collaboration avec Didier. Il peut s’agir de promoteurs de soirées, de producteurs de concerts, de labels (majors ou indés), de marques de vêtements. Nous mettons à leur disposition toute une palette de services allant de prestations en marketing viral au lancement de produits en passant par la communication visuelle.

En outre, je développe notre site internet Omax6mum qui est notre plate-forme sur le net pour le public. On espère en faire cette année le site numéro un de l’événementiel urbain.

Didier : Je m’occupe de l’aspect commercial, marketing et logistique.

Par exemple au sein de notre pôle évènementiel, je crée les concepts de nos soirées, je m’occupe de la stratégie marketing à mettre en place autour. Idem pour la politique commerciale et la gestion de l’aspect logistique. Dans le cadre de nos prestations en production exécutive de spectacles, j’ai généralement en charge la DA (Direction Artistique) (avec Ciryl) et toute la logistique. Dans ce domaine, nous nous sommes occupés du festival Horidom’ en mai dernier. On a établi une programmation d’artistes sur deux jours. La première soirée se passait à l’Olympia et réunissait Malavoi, Tanya St-Val Kassav’ et Jean-Michel Rotin. Pour la seconde soirée qui se déroulait à l’Elysée-Montmartre, on avait programmé T.O.K, Daly, Mali et Fanny. Ca a été vraiment une expérience très intéressante d’autant plus que le résultat a été positif pour ce qui est du spectacle et de l’ambiance. On espère continuer à développer ce type de prestation pour la saison à venir, notamment avec le Festival régional de la Guadeloupe en Novembre.

Pour ce qui est de notre département communication, je m’occupe du développement de notre portefeuille client et en collaboration avec Omax nous développons de nouvelles prestations en marketing viral (marketing sur le web) ou travaillons sur le développement stratégique de notre site internet www.omax6mum.com.

Pour le booking, vous pouvez me détailler exactement qui est dans votre catalogue ?

Didier : On a un catalogue qui est carribéen et urbain. Au niveau carribéen on a Admiral T, Saïk, Mali, Paille, en bref la crème du reggae/dancehall créole. On bosse aussi avec les Neg’Marrons. En hip-hop on a Dontcha. Ca ce sont tous les artistes avec lesquels on travaille en exclu. Après ils nous arrivent de booker des artistes en fonction des demandes de nos clients.

Vous pouvez nous présenter les soirées que vous organisez ?

Omax : Cette saison on a travaillé autour de quatre événements : La Hip-Hop Loves Soul, Chic & Trendy, Zouk’in et Secret. Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne s’est pas enfermé dans un certains types de soirées, ce qui nous permet de brasser un public assez large.

Ceci dit, il est clair que notre évènement de référence reste de loin la Hip-Hop Loves Soul. C’est une soirée où tu retrouves la rencontre inédite et exclusive des meilleurs morceaux hip hop et de la vibe soul.

Il y a quatre dj’s qui sont Ewone, Mac Phive, Dirty Swift et JP. On a commencé à la Scène Bastille, il y a deux ans. Au départ c’était tous les deux mois. Puis face à la demande, on est passé en mensuel. Enfin depuis avril on est passé à l’Elysée-Montmartre.

Didier & Omax

Vous pouvez nous expliquer comment on organise une soirée ?

Omax : Tout débute par un grand débat car on est trois personnalités super fortes et qu’on a chacun nos spécificités, nos critères et nos goûts. Souvent Didier apporte un concept brut et ensuite on y rajoute nos idées. Une fois qu’on s’est dit quelle genre de soirée on fait, on réfléchit au lieu où on pense la faire, aux dj’s à booker … Une fois tout ça mis en place, on passe à la communication. On essaye de définir l’identité visuelle de l’évènement : un logo, une mise en page, les déclinaisons print et web…. Une fois tout cela mis en place, on arrive à l’aspect logistique de la soirée qui est la partie de Didier : staff, technique,agencement de salle… Il y a aussi la soirée en elle-même, parce que les gens pensent qu’il suffit d’un concept, d’un dj et d’une salle pour faire une soirée, mais après il y a énormément de boulot durant la soirée : accueil du public, management des équipes en salle, sur scène….

Au niveau de l’aspect communication je rajouterais qu’il faut une bonne réflexion sur la cible et ajuster l’intensité de ta communication en fonction du volume de public que tu souhaites ramener.

Didier : J’ai pas grand-chose à rajouter. Concept, marketing, communication, et l’aspect logistique avant et pendant la soirée. Sachant que pendant que tu communiques, il faut gérer le logistique.

Combien de temps il vous faut pour organiser une soirée généralement ?

Omax : Tout dépend de l’ampleur, de « l’âge » et de la tonalité de la soirée. Disons que pour la HHLS, à la Scène Bastille, certes il y avait beaucoup de boulot au niveau de l’organisation mais on était rodés. Pour HHLS à l’Elysée-Montmartre, qui a lieu de manière beaucoup moins rapprochée (1 fois tous les deux mois…à peu de choses près), il y a beaucoup plus de boulot, qu’une soirée mensuelle dans la mesure où tu dois à chaque nouvel évènement remobiliser ton public. En plus, comme on réfléchit la version Elysée Montmartre de HHLS comme un vrai spectacle, y’a tout un travail de mise en scène, de la déco…. Donc tout dépend vraiment du type de soirée à organiser..

Didier : Pour te donner une fourchette ; on peut dire une semaine pour un événement privé et ciblé et ça peut s’étaler sur trois semaines pour un gros événement type HHLS. C’est à peu près dans ces fourchettes de temps qu’on travaille. Après il y en a d’autres qui font autrement, mais nous c’est comme ça.

Pouvez-vous présenter les soirées plus en détails ?

Omax : Il y avait la Chic & Trendy qui vient de s’arrêter. C’était notre soirée club haut de gamme. Il y a eu trois éditions. La première édition, on a eu la chance et l’honneur d’organiser au sein de la soirée l’enterrement de vie de garçon de Tony Parker. On a donc eu pas mal de joueurs NBA dans la soirée comme Boris Diaw ou Ronny Turiaf, des membres des Spurs…

Didier : … L’immense honneur aussi d’avoir Thierry Henry. Il y avait aussi le père de Tony Parker, Tony Parker Sr, qui est un sacré personnage et un mec super sympa.

Omax : On a eu aussi Vincent Cassel et d’autres gens du même calibre… En tout cas c’est un événement dont chaque édition était assez espacée car on l’a voulu assez énorme mais surtout de qualité afin de créer l’événement à chaque édition. L’idée c’était aussi de faire un circuit de très belles salles parisiennes à chaque édition.

Ca avait commencé où ?

Omax : Ca a commencé au Madeleine-Plaza, puis après on a été à la Scala et on a terminé au Carré Berry Washington. Pour ce qui est des dj’s, on a collaboré avec DJ Quick, DJ Ewone, DJ Komplex. On a aussi fait appel et nous n’en sommes pas peu fier car nous avons été les premiers à lui refaire « confiance », à DJ Naughty J, qui est le dj officiel de NTM. Il y a eu aussi les Dj’s Moody Mike et Just Dizzle.

Didier : On a vraiment bossé avec la plupart des dj’s en vue et c’est vrai qu’on a vraiment eu de beaux plateaux.

Pourquoi vous l’arrêtez ?

Didier : C’est une soirée qu’on organisait en collaboration avec un autre promoteur mais nous préférons aller de l’avant en produisant un nouvel événement. C’est uniquement pour ça sachant que C&T fonctionnait vraiment très bien.

Et pour ce qui est des autres soirées ?

Omax : Pour l’aspect afro-caribéens, on a lancé la soirée Zouk’in, nous avons réalisé une seule édition test l’année dernière. Le concept de la soirée était de réunir sur une soirée d’une part les natifs et les originaires des antilles mais plus généralement tous les amoureux des ambiances afro-caraïbéennes. On a réfléchi une soirée Zouk un peu « branchée » d’où le jeu de mot « Zouk’in » : Zouk pour les gens “in” ! La première a eu lieu dans les salons cubains de la Scala avec un showcase de Fanny bien avant l’explosion, disons que nous avons été prescripteur sur ce coup…

… C’est-à-dire l’époque où elle passait qu’aux Antilles et que ces tubes n’avaient pas été exportés sur toutes les antennes de métropole.

Omax : On n’a pas surfé sur la vague, on la connaissait bien avant. On a vraiment pris une artiste qu’on aimait.

Didier : De part nos activités dans le monde de la musique afro antillaise, on a beaucoup de d’artistes qu’on suit, voir avec lesquels on bosse et parfois qui explosent comme Fanny et tant mieux d’ailleurs ! Mais quand on l’a fait passer à la Zoukin’ c’était encore confidentiel, c’était underground ! Ceci dit pour reparler du concept « Zouk’in », le but c’était encore une fois de réunir les tribus. Car comme dans les évènements dits urbains, dans le caraïbéens il existe des clivages entre les publics, par exemple très souvent on va avoir des évènements qui ne rassemblent quasiment que des antillais qui sont nées et qui ont vécus là bas et d’autres qui rassemblent la communauté noire (africains et antillais) mais qui a grandi et vécu ici…

C’est assez bizarre comme phénomène ! Comment tu expliques ça ?

Didier : Je sais pas c’est bizarre car la musique est la même. C’est peut-être dû aux réseaux c’est-à-dire qu’à un moment y’a des organisateurs qui vont solliciter uniquement un public ou un autre. Enfin je sais pas, c’est vraiment bizarre… L’idée était de se dire qu’on était tous originaires du même endroit, qu’il n’y avait donc pas de raison qu’il existe de clivage entre les natifs et les originaires, ça c’est un premier point. Et puis dans un deuxième temps, on a voulu aller plus loin que ça. Une soirée afro-carribéenne, c’est pas que du zouk et du dancehall mais un spectre musical plus large. On peut passer un peu de hip-hop, un peu de salsa, du r’n’b… Donc c’était aussi ça l’aspect un peu “in”, c’est-à-dire que dans l’absolu une soirée zouk ça peut aller au-delà du « communautaire » et rester ouverte à tous ceux qui aiment cet univers musical là, un peu chaud, un peu pimenté qu’importe que tu sois des Antilles, né là-bas ou ici, ou tout simplement que tu kiffes ça quelque soit la pigmentation de ta peau et ton origine. Le pari a été plutôt réussi car on a eu la chance de réunir un public assez cosmopolite et ce mélange a été très fortement apprécié. Le fait que ce soit aux salons cubains de la Scala a clairement joué pour le côté haut de gamme et branché.

Dans Paris intra-muros, il n’y a pas tellement de soirées zouk. On en trouve plus en banlieue j’ai l’impression.

Didier : C’est effectivement assez rare, c’est pour ça que lorsque tu as la chance d’avoir une belle salle dans Paris ça te ramène une belle clientèle. En tout cas pour la première ça a vraiment bien marché et les gens nous la redemande encore et encore, donc on va la refaire.

Vous pouvez déjà nous dire quelle sera la fréquence de la soirée ?

Didier : Sûrement une tous les deux mois environ.

Et vous savez déjà où ?

Didier : Franchement je pense que la première devrait être au Madeleine-Plaza le 10 novembre veille de jour férié.

Vous pensez rajoutez des nouveautés ?

Didier : Comme on en a fait qu’une on va d’abord installez les choses puis ensuite on réfléchira.

Omax : Il y aura un artiste très frais comme pour la première.

Omax

Et enfin qu’en est-il de votre dernière soirée, la Secret ?

Omax : On fait des soirées où on draîne beaucoup de monde. On a eu envie de changer de manière de faire, de changer un peu du “gros matraquage”, même si j’aime pas ce mot là, qu’on faisait avec la télé, la radio, les flyers et le net. On a voulu une soirée beaucoup plus undercover (confidentielle). Donc on a lancé le concept Secret qui comme son nom l’indique est une soirée secrète. Le concept est de choisir un lieu de 300/400 personnes un peu intimiste et de faire une soirée ou tu ne peux venir QUE si tu es dans la confidence, c’est-à-dire soit par notre intermédiaire, soit par nos réseaux donc par cooptation. Tu n’as donc accès à la soirée que si tu es sur liste et que tu es dans la confidence. C’est un concept qu’on a lancé en fin de saison et qui a très bien marché. Les gens ont super bien joué le jeu car souvent dans ce genre de soirée sur liste tu risques de tomber sur des gens hautains, guindés qui viennent pour voir et être vus et qui oublie l’essentiel s’amuser. Or là, les gens avaient bien compris que c’était le but principal et ça c’est super bien passé. Faut dire qu’on avait une bonne paire de maestro en la personne des Dj’s Ou-Mar et Swift.

Ils ont passé quels genres de sons ?

Omax : Hip-hop, R&B, un soupçon de house, bref une prog club. Le vrai challenge c’était de faire une soirée privée avec un public certes très haut de gamme mais qui sachent avant tout s’amuser. Là aussi pari réussi donc on va continuer, car c’est un projet intéressant et qu’on a envie de le développer.

On s’arrête là pour la première partie de cette interview. Dans la seconde partie vous saurez tout sur la Hip-Hop Loves Soul, de la genèse aux nouveautés de la prochaine saison. On en saura plus aussi sur les projets pour la prochaine saison et les objectifs des hommes qui font bouger Panam’ !

Peace

Adrien aka Big Ad -Streetblogger.fr (votre serviteur)-

Photos par Nasha –  http://www.myspace.com/nashaphoto  –

www.omax6mum.com

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