L’équipe qui avait oeuvré sur le désormais culte “La Cité de Dieu”, est de retour cet été sur les écrans français avec “La Cité des Hommes”. Cette équipe n’avait en réalité pas vraiment arrêté de travailler. “La Cité des Hommes” est à la base une série de quatre saisons. Elle se déroule de nos jours et met en scène Petite Orange (Laranjinha) joué par Darlan Cunha, et Acerola joué par Douglas Silva. Vous l’aurez compris, ce film n’est donc pas la suite de “La Cité de Dieu” qui se déroulait dans les années 70 et racontait l’histoire vraie de la guerre des gangs qui avait ravagé cette favela.

Vous trouverez tout de même des similitudes avec son illustre prédecesseur. La première vient des acteurs puisque Douglas Silva et Darlan Cunha jouaient tous les deux dans “La Cité de Dieu”. Ils tenaient respectivement les rôles de Ze Pequeno et de Steak-Frites. On retrouve aussi Jonathan Haagensen qui jouait Tignasse dans “La Cité de Dieu” et qui est aussi frère de Phelipe Haagensen qui jouait Bené dans ce film. Les autres acteurs comme Alexandre Rodrigues qui jouait Buscapé ou Leandro Firmino da Hora qui jouait Ze Pequeno; vous les croiserez dans la série qui n’a jamais été diffusée en France. Elle reste néanmoins disponible à la vente en coffret distribués par MK2 Productions. Celle-ci est divisée en quatre de saisons d’environ 7 à 8 épisodes d’une heure.

L’histoire est donc centrée sur Petite Orange et Acerola, deux amis d’enfance tout juste adolescents qui vivent dans la favela de la Sinuca à Rio. Tous les deux sans pères, ils parcourent le chemin jusqu’à l’âge adulte en tentant de ne pas tomber dans les difficultés que dresse leur environnement autour d’eux. Ces difficultés, si vous suivez un peu l’actualité brésilienne de ces dernières années vous les connaissez : guerre des gangs, trafic de drogue, grande pauvreté, racisme … Sur ce chemin dur à arpenter ils passeront aussi par la découverte de l’amour et les premières expériences sentimentales et leurs conséquences. Cette série est aussi le moyen de découvrir les musiques urbaines brésiliennes que sont bien sûr le Hip-Hop dont on apprend qu’il est plus développé à Sao Paulo, et surtout le funk carioca plus communément appelé le Baile Funk même si ce terme désigne les grandes soirées funk qui ont lieues dans les favelas. Pour le Hip-Hop, l’épisode est agrementé d’intervention des rappeurs locaux parmi lesquels Rappin Hood par exemple. Ils nous permettent de comprendre que le Hip-Hop est encore assez proche de son état originel à la différence d’autres pays où une industrie s’est développée et à modifié cette culture. Cet état de fait est d’ailleurs revendiqué par les intervenants tout au long de cet épisode. Pour le Baile Funk, l’épisode met en scène DJ Marlboro qui est un des précurseurs et des dj’s les plus reconnus avec Sandrinho. On peut y mesurer la popularité qu’à cette musique dans les favelas. Elle est aussi souvent utilisée par les gangs qui s’en servent pour leur propagande propre comme on peut le voir dans le film. Reste qu’elle est encore peu reconnue mondialement car elle est souvent jouée par des dj’s electro branchés. Cela fait donc qu’en dehors du Brésil cette musique a un effet complètement inverse puisqu’elle est jouée le plus souvent à un public restreint et plutôt privilégié.

La parenthèse musicale terminée, revenons-en à cette série qui finalement se termine à l’aube de la majorité de deux personnages qui ont traversé bien des aventures, des souffrances et des galères au cours de ces quatre saisons. Le film fait donc office de grand épisode de fin. Il n’est pourtant pas obligatoire d’avoir vu la série pour voir le film rassurez-vous. Il reste ponctué de petits flashbacks qui permettent de mieux comprendre certaines situations. Le film commence donc le jour des dix-huit ans d’Acerola, qui a bien du mal à assumer son rôle de jeune père et de mari. L’histoire s’étale sur un peu plus d’un mois et l’anniversaire de Petite Orange vient terminer le film. Ce dernier reste en quête de son père qu’il n’a jamais connu. Le but des deux amis est de rentrer dans l’âge d’homme en quittant la favela et en réussissant leur vie légalement. Cependant une guerre des gangs impromptue va corser les choses et mettre à mal leur amitié.

Là où “La Cité de Dieu” s’attardait plus sur des actes de violence dus à une fracture sociale écrasante, “La Cité des Hommes” s’attache à décrire la difficulté d’atteindre indemne la majorité dans un environnement dangereux. Un contexte qui rend d’ailleurs à chaque décision prises par les personnages des conséquences à double-tranchant. “La Cité des Hommes” s’avère donc être un bon film qui se développe sur un rythme moyen dans sa première moitié puis dans une allure plus rapide dans sa dernière partie où les évènements s’enchaînent. Je vous conseille tout de même de vous procurez la série avant, car cela ne vous fera que mieux apprécier le film. Si “La Cité des Hommes” n’est pas le portrait qu’on est habitué à voir du Brésil, il reste un film et une série sincère et véritable qui vaut le coup d’être vu !

Peace

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