Dans le cadre des « Rencontres de la Villette 2008 », Le Parc de la Villette, Générations 88.2 et CO2 Activity présentent les soirées événement « Nocturnes Hiphop » au Cabaret Sauvage.

Nous avons donc retrouvé le samedi 19 Avril Alchemist accompagné de Twin des Infamous Mobb, DJ Netik et DJ First Mike.

Nous avons eu l’opportunité d’interviewer un des plus grands producteurs hip hop de ces 10 dernières années, Alchemist. Ayant notamment produit pour des artistes comme Mobb Deep, Ludacris, G-Unit, Jadakiss, Pharoahe Monch et DJ de Eminem, le producteur ne se présente plus, revenons sur son parcours et ses futurs projets.

Peux-tu te présenter en quelques mots?

ALC: Yes, je suis imprévisible et indescriptible, tout simplement…

Peux-tu me dire comment tu es rentré dans le hip hop?

ALC: J’ai grandi sur la Westcoast des Etats- Unis ou il y avait un gros mouvement Hip Hop dans les années 90 avec des groupes comme Cypress Hill, The Pharcyde, Dr Dre, Tha Alkaholiks. Grandir à L.A., il y avait tellement de musique, il y avait les clubs, des studios, des studios de production vidéo, des boites de nuit sur Sunset boulevard qui jouaient que du hip hop. Il y avait un véritable mouvement sur la cote Ouest qui m’a inspiré. Mais en même temps j’ai toujours étais inspiré par les sons et la façon d’utiliser des samples de New York, tu vois ce que je veux dire, avec des producteurs comme Pete Rock, Diamond D, DJ Premier, Large Professor et leurs beats. Même si il y avait Dr Dre, DJ Muggs, E-Swift, Battlecat sur la Westcoast, j’ai toujours préféré les sons de la cote Est…

img_4694.JPGJ’ai entendu que à l’époque déjà tout au début tu trainais avec Evidence avant même de sortir des disques?

ALC: Evidence et moi avons grandi ensemble tu vois, je l’ai rencontré à l’école, Evidence habitait sur Venice Beach juste à coté de QD3 le fils de Quincy Jones. QD3 faisait des beats à l’époque, je trainais avec eux dans le studio de QD3 c’était nos premières expériences ont écoutaient des beats. Evidence rappait déjà à l’époque mais il était dans le graffiti surtout; il est d’ailleurs très fort dans ça, il maitrise vraiment l’art du graffiti. Quand on était jeune moi et lui on trainait tout le temps ensemble, moi à l’époque j’habitais à Beverly Hills donc je venais sur Venice Beach et vice versa. Je trainais avec lui des week end entier et il m’inspirait beaucoup… Il y avait aussi un shop à LA qui s’appelait Hip Hop Shop sur Melrose Boulevard c’est la que Evidence à rencontré Rakaa et on crée Dilated People. En faite on était tous connecté depuis le début… Après j’ai rencontré Cypress Hill et tout a commencé vraiment pour moi…

Après tu as décidé de déménager sur New York pourquoi?

ALC: J’étais là bas en vacance avec ma mère quand j’étais jeune, quand Run DMC était au top et je lui disait emmène moi dans le Queens j’ai envi de voir les quartiers de voir le quartier Jamaica, je savais même pas ou c’était mais c’est parce que j’avais entendu ces noms dans les chansons. J’ai bougé la bas une fois et là j’ai vu les graffitis sur les trains et les murs, la musique et tout … WOW… Tu sais pour moi le rap c’est le sang de New York, c’est comme si New York était un corps et le hip hop son sang. A New York tout est concentré alors que à L.A. c’est plus dispersé. Pour moi New York c’était là bas que ça se passait, et je me suis toujours rappelé de ça, quand j’ai dû choisir une école, j’ai choisi l’université de New York, j’ai quitté l’école ensuite et je suis resté, j’ai fait des beats Fuck it…img_4698.JPG

Justement, tu viens de la Westcoast, mais ton son et celui de la Eastcoast, pour moi ton son est même la suite logique de producteur comme Pete Rock ou Premier qui ont ce son dur et Soulfull New Yorkais, c’est bizarre pour quelqu’un qui vient de L.A., peux-tu m’expliquer?

ALC: Tu sais quoi, Premier je l’ai étudier en profondeur, c’est mon idole, quand il sortait un morceau, c’était exactement ce à quoi le hip hop devait ressembler. Quand je travaillais avec DJ Muggs de Cypress Hill à L.A.; à l’époque il me disait tu copie trop Premier hé hé… mais à l’époque j’aimais trop les beats à Premier c’était LES sons. Quand je suis arrivé à New York je suis devenu ami avec Premier, il a prit soin de moi, il a vu que j’étais un gamin à l’époque, il a parlé de moi à tous le monde… à Freddy Fox il disait “YO ça c’est Alchemist il a des beats”… Et quand je pense à lui; il a toujours incarné le son de New York et pourtant il me disait “je suis du Texas et personne ne peut me dire que je ne représente pas New York, car ça fais plus de dix ans que j’habites ici à Brooklyn et je représente New York à travers mon son” donc si lui me dis que je représente New York; Fuck that, parce que ton son c’est new York… ca reste de la musique…

Qu’est ce que tu utilises comme équipement?

ALC: j’utilise un ASR-10 et un peu la MPC, j’expérimente avec. Mais la ASR-10 c’est ma machine, je la connais trop bien je peut te faire un beat dans le noir.

Justement c’est marrant que tu me dise ça, parce que beaucoup de producteur de hip hop aujourd’hui investisse dans des gros studios et j’ai posé la même question a Marley Marl que j’avais en interview la semaine dernière. Hank Schoklee du Bomb Squad a dit que aujourd’hui plein de producteur on des studios impressionnants mais sorte des instrus plate, alors que à l’époque avec un simple sample on pouvait faire un morceau beaucoup plus intense, qu’est ce que tu penses de ça?

ALC: Ouais en faite à l’époque si tu prends des mecs comme le Bomb Squad et Public Ennemy quand il produisait un morceau il y avait 10 personnes dans le studio; il expérimentait Chuck D disait mais ce son dessus, rajoute une voie, rajoute en autre sample par dessus. Il y avait 10 personnes qui s’investissaient dans le morceau et données leurs avis, c’était un travail de groupe. Aujourd’hui il n’y a plus de collaboration, dans les année 60 et 70 les musiciens et les chanteurs collaborés et ils se respectés tous les uns et les autres, toi tu fais la batterie lui la basse et il se complétaient tous, ca devenait magique. Le Bomb Squad et les premiers groupes de hip hop avaient compris ça. Au fur et à mesure des années ça a changé les gens on voulus tout faire tout seul…il n’y a plus autant de collaboration… Moi par exemple je fais mon son je le donne au rapper il enregistre ou vice versa… on collabore pas beaucoup ou peut être pendant le mix…parce que le rap c’est une question d’ego tous le monde a envi d’être le meilleur et ils osent pas dire “YO t’es bon sans toi c’est pas pareils” tu vois… Moi j’aime bien ramener des gars en studio dès fois je ramène Havoc en studio avec Premier et chacun donne son avis sur les productions de l’autre, ça c’est de la vrai collaboration… pour moi c’est surtout ça qui change beaucoup de chose…

Quels est le rapper avec lequel tu as collaboré qui t’as le plus impressionné?

ALC: Big Pun… Big Pun… Parcequ’il était assis sur le canapé et il prenait ses prises de voix; mais pas seulement ça sa personnalité quand on était en studio, il était tellement marrant, il pouvait faire des blagues 24H/24, tu savais jamais quand il était sérieux, c’était vraiment un honneur d’être avec lui en studio. Mais aussi parce qu’il était tellement gros… j’arrêté pas de le regarder du genre WOW… Il avait c’est grand pantalon en cuir et sa veste avec son Tshirt customisé Big Pun, tout était tellement exagéré parce que tu sais le hip hop tous est dans l’exagération, ce gars était juste trop Hip Hop… j’avais peur qu’il me dise qu’est ce que tu regarde parce que j’étais trop impressionné…C’était un sacré personnage c’est juste une honte qu’il soit parti si tôt, il a fait juste 2 albums…Big Pun…

img_4672.JPGAprès tu t’es connecté avec Mobb Deep comment c’est faites la connexion?

ALC: A travers DJ Muggs et Cypress Hill, il faisait Soul Assassin 2 quand j’étais à New York. Il les a rencontré à travers BTP, rest in peace, un gars du label Loud… Muggs m’avait dit “tu devrais te connecter avec le crew de Mobb Deep, les infamous Mobb”. Donc quand je suis arrivé à New York je me suis connecté avec Ty Nitty, Twin Gambino et Godfather c’est eux qui m’on amené à Mobb Deep; on a commençait a travailler ensemble et il m’on apprécié. Petit à petit la connexion c’est faite…

Tu as fais un DJ set très bon, les DJs ont évolués depuis quelques années avec l’arrivé du serato et je sais que tu es un crate digger que tu as beaucoup de disques, tu penses quoi du changement?

ALC: je vais te dire ça… c’est génial pour les vétérans qui ont collectés plein de disques… A la base c’est tes disques qui faisaient que tu trouvais des endroit ou jouait parce que un mec disait à un gérant de club ” prends le lui il a des disques qui tue”… Moi et Premier on parle beaucoup de ça… Tu es obligé d’avoir des tonnes de disques chez toi, si tu as une grosse collection tu as le droit d’utiliser serato, si tu es juste un mec qui arrive qui connaît rien tu copie le disque dur à ton pote et tu te dis DJ je vais pas te respecter pareil… parce que c’est la culture de la musique qui fait que tu es un bon DJ, toutes ces années j’ai trimballer mes disques à travers le monde et dès fois l’aéroport te les perds; t’arrive et tu te dis OH SHIT… Donc pour éviter ça c’est bien et même je vais te dire j’ai des disques à la maison que personne n’a… je te garanti que j’ai des trucs que personne n’a car dès fois je cherche sur internet… tu peux dig sur internet et il y a plein de morceaux que j’ai que tu ne trouve pas, personne ne les a… je contenu a aller chez les disquaires chercher ce sample que personne n’a et qui va retourner le monde….

img_4676.JPGPeux tu me parler un peu de l’album de Prodigy HNIC2 qui va sortir bientôt, j’ai entendu 2-3 morceaux et c’est vraiment très sombres… même plus sombre que le premier…

ALC: Yeah… beaucoup plus sombre que le premier. On l’a fait il y longtemps en faite avant que Prodigy ne sache qu’il allait aller en prison, juste après Blood Money en faite de Mobb Deep… Mobb deep travail énormément, ils enregistrent 2- 3 morceaux par jour dès fois, et P il dit ” Je garde ça pour mon solo ou celui la je le garde pour tel ou tel album” par exemple le morceau “Quiet Storm” n’était pas censé être un morceau de Mobb Deep mais un morceau solo de Prodigy… P il a une vision d’un album pour HNIC 2 il le voulait très sombre… il a des morceaux avec Anthony Hamilton, avec Mr Porter, des gros morceaux avec des chorus et tout, des hits pour la radio et pour les bitches… et il a dit non, même à un morceau avec Scott Storch… Non, fuck that, HNIC 2 sera dur, sombre pour la rue car c’est ce qu’il manque au rap actuellement… personne ne pense comme ça, alors Fuck that, rien pour les bitches ça sera sombre, tu vois ce que je veut dire et je le respect pour ça, donc c’est un peu plus dure pour la promotion car pas de single pour la radio et la télé mais c’est ce que P voulait…

Mais tu sais quoi, pour moi c’est comme “Return of the mac” qui est un de mes albums préférés de 2007 et…

ALC: A cause des samples hé hé

Ouais, mais aussi parce que vous êtes arrivés avec quelque chose a laquelle les gens ne s’attendaient pas…

ALC: On a pas fais d’argent… mais à l’époque Blood Money est sortie les gens disaient “Mobb Deep et G-Unit c’est pas bien etc…”Prodigy a dit fuck that, je vais montrer à 50 Cent et à tous le monde que personne ne peux m’arrêter, et avec “Return of the mac” on a essayé de ramener le truc à l’ancienne tout en avançant en leurs donnant cette veille saveur. Il a posé les lyrics moi les beats et voilà “Return of the mac”…

Et toi c’est quoi tes projets?

ALC: J’ai mon nouvel album, ça devait sortir l’année dernière mais j’ai était obligé de le reprendre. Ca s’appele “Chemical Warfare” c’est la suite de “1st infantry” mais à un niveau plus haut. Et on a formé un groupe avec Oh No, qui s’appel “Gangrene”, ont devraient sortir un album au mois de Septembre; c’est un peu comme Jaylib j’adore les sons de Oh No…

img_4696.JPGPour “Chemical Warfare” ça va ressembler a “1st Infantry” ou tu vas rapper plus dessus?

ALC: En fait j’ai essayé de corriger mes erreurs de “1st Infantry”. Sur cet album je serais sur 4 morceaux. Je pense un peu comme Dr Dre pas en terme de beats ou de rimes mais en terme de présence. Dès fois il rap sur tout le morceau dès fois sur un verset dès fois pas du tout tu vois. Mais quand tu écoutes l’album c’est du Dr Dre, c’est vers ça que je veux me diriger… En plus je préfère produire donc j’aime bien les featurings, j’ai un morceau avec Kool G Rap un autre avec Twista un autre avec Prodigy… J’ai hâte que ça sorte

Au niveau de la production, tu vas produire pour qui prochainement?

ALC: J’ai fais plein de truc mais bon tu sais jamais trop ce qui va sortir. J’ai fais un morceau pour Rakim, pour Jadakiss aussi et pour Lil’Wayne… tu sais je produis pour tous le monde du moment qu’ils veulent des beats Alchemist. Fabolous et Juelz Santana seront sur le morceau de Lil Wayne; c’est un beat dur. Il ya 50 cent avec son nouvel album; l’album de Prodigy ou j’ai 6 morceaux, Dilated People sont entrain de bosser aussi. J’envoi des beats à T.I. aussi à Ludacris, tu sais j’envoi à tous le monde…

Tu es vraiment productif, tu produis pour plein d’artiste différents et pourtant il y a toujours cette touche ALC même quand tu écoutes des morceaux aussi différent que pour Mobb deep ou Ludacris, comment tu fais pour toujours garder ta touche?

ALC: C’est dur mais c’est parce que j’utilise des samples, tu sais je prends mais samples dans différentes époques de différentes influences c’est pour ça que chaques morceaux est différent mais en même temps ça me ressemble toujours car c’est répétitif et c’est ma façon de sampler… C’est le genre de son que je vais prendre aussi… J’entends un morceau et j’aime une certaine parti donc je vais l’utiliser, donc quelques parts tu retrouve toujours mes gouts…

Tu connais des rappers français?

ALC: Yeah, un peu …je connais Booba, 113, IAM. J’aimerais bien produire pour des artistes français car aux Etats Unis il y a de moins en moins de créativité, tout est corporate dans d’autres pays la bonne musique est encore reconnu.

Comment tu vois l’avenir de l’industrie de la musique avec internet et le téléchargement?

ALC: Je ne pense pas que l’industrie de la musique va disparaître car les gens aiment la musique ils aiment être dans l’entertainment. L’industrie va changer. Il faut juste que les maisons de disques comprennent comment vendre le format digital. Moi j’aime bien la direction que prend l’industrie de la musique parce que aujourd’hui ça me permet d’enregistrer un morceau est de le diffuser juste après sur internet. Tu peux être n’ importe où dans le monde et tous le monde peut communiquer ensemble

Qu’est ce que tu pourrais donner comme conseils a un jeune producteur?

ALC: Donne à ton son et à tes beats une personnalité. Tes sons doivent être le reflet de ta personnalité. Ne fais pas juste des beats pour en faire il faut que les gens te reconnaisse dans ce que tu fais. Vends toi, de telle sorte que les gens te reconnaissent quand ils t’entendent.

Une petite dédicace pour streetblogger?

Interview de K-lé et Big Ad pour streetblogger.fr

Photos de Cédric

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  • The Golden Years Of Hip Hop – 6 ans déjà…!
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