Le légendaire producteur du Queensbridge Marley Marl était présent au Batofar le 05 avril 2008 pour une prestation aux platines et ambiancer tous les nostalgiques du bon Hip Hop made in New York. A cette occasion nous avons eu l’occasion de rencontrer le père fondateur du Juice Crew mais aussi pour beaucoup le créateur du vrai son Hip Hop.

Marley Marl, Batofar, Paris 2008: photo by geoffrey ashleySalut Marley peux tu te présenter en quelques mots?

Marley Marl: Je suis le Legendary Marley Marl père fondateur du Juice Crew et pour ceux qui ne le savent pas le gagnant d’un grammy avec LL Cool J…

Quand et comment as-tu commencé à produire des instrus?

Marley Marl: Mon grand frère avait un groupe qui s’appelait High Fidelity dans le Queensbridge, note bien le Queensbridge hé hé, c’étaient des DJs et je les regardaient quand ils mixaient. Au début tout a commencé par le DJing et la danse.

J’ai entendu dire que tu as commencé comme stagiaire chez Unique Records?

Marley Marl: Ouais c’est là bas que j’ai appris à utiliser les samplers. A cette époque mes premières influences étaient Russell Simmons, Larry Smith (producteur de Whodini ou du morceau “Sucker MC’s” pour Run-DMC) ils venaient du Queens aussi.

C’était quoi ton équipement à l’époque?

Marley Marl: Bullshit héhé… Un sampler Korg et une drum machine Roland 808 avec un 4 tracks. Mais mon stage m’a permis de me familiariser avec plein de nouveau matériel, ce qui m’a permis d’évoluer …

Justement, tu es le créateur du vrai son Hip hop, la base de tout en faite; des fondamentaux. Comment t’es venu cette idée d’utiliser des samples?

Marley Marl: En faite j’utilisais tous les samples des instrus qui étaient super connues par les gars de la rue. Les instrus que les breakers aimaient. Et puis je voulais créer une musique qui était meilleur que ce qui se faisait à l’époque tout simplement… C’est pour ça que j’ai commencé à sampler James Brown, a prendre des gros samples que les gars de la rue aimaient et je les ai incorporés dans le hip hop, à l’époque c’était tout nouveau car la plupart des producteurs sampler des voix moi j’ai pris les hot beats from the Streets…

Marley Marl, Batofar, Paris 2008: photo by geoffrey ashleyEt à l’époque ou trouvais tu tes samples, est ce que tu étais un crate digger ou tu prenais les samples directement sur des cassettes?

Marley Marl: A vrais dire héhé… C’est un mec qui s’appelait…Aaron Fuchs de Tuff City Records… à l’époque il était chroniqueur du magazine Billboard… et en faite il m’envoyait tous les disques mais c’était pour les mixer… Moi au lieu de ça je les samplaient…héhé

C’est dingue que tu me dises ça; en faite ça veut dire que les disques sur lesquels tu as samplé tous les classiques qui ont étaient repris par plein de producteurs par la suite, tous le monde les avaient à l’époque?

Marley Marl: Exactement… sauf que moi j’en ai fais quelque chose de différent… au lieu de simplement les jouer comme les autres je les ai repris à ma sauce…

Peux tu me parler un peu du Juice Crew comment vous êtes vous tous rencontrés?

Marley Marl: En faite j’ai d’abord rencontré Roxante Shante. MC Shan était du quartier et ce n’est pas mon cousin, c’est une rumeur ça… Et Biz Markie a commencé comme DJ pour Roxanne et voilà en faite…

Et le beef entre le Bronx et le Queens à l’époque c’était sérieux?

Marley Marl: Oh oui que c’était sérieux, pour moi en tous cas ça l’était… Tout a commencé quand KRS-One est venu chez Mr Magic pour lui demander si il pouvait faire partie du Juice Crew. Magic l’a envoyé bouler en lui disant que le niveau du Boogie down productions était trop faible… Après KRS One a commencé le beef la suite tu l’as connais…

Ouais, mais alors pourquoi avoir sortie l’album “Hip Hop lives” avec KRS One en 2007?

Marley Marl: héhé… très bonne question, parce que je vais prendre ma retraite et je voulais faire une dernière fleur à KRS, genre tu as attendu 20 ans pour poser avec moi allons y maintenant… héhé… quelque part il était temps de terminer le beef aussi…

Marley Marl, Batofar, Paris 2008: photo by geoffrey ashleyMaintenant j’aimerais parler un peu plus des années 90, avec l’arrivé de nouveaux producteurs comme Puffy qui on changé la manière de sampler, en utilisant des morceaux entier de disques, tu penses quoi de cette époque?

Marley Marl: Pffff, la Puffy era… moi j’ai arrêté à cette époque… Puffy il a tout foutu en l’air avec sa façon de sampler les morceaux… Il a tué l’art de sampler… moi je ne voulait plus être mêlé a ça… donc j’ai arrêté un moment.

Mais en même temps il y avait des producteurs comme DJ premier, Pete Rock ou plus tard J Dilla qui te citais comme influence et qui continuaient sur tes traces pourquoi n’ont ils pas connus le même succès que Puffy par exemple?

Marley Marl: C’est les morceaux qu’il samplait qui l’on fait vendre plus de disques que Pete Rock ou Premier. C’est simple c’est parce qu’il samplait des morceaux de Pop que les blancs connaissaient. Et puis moi quand je samplais un morceau je prenais 1 seconde; ou parfois 2 tu ne pouvais même pas reconnaître le morceau si tu n’étais pas un gros connaisseur.

En 2005, j’habitais à Brooklyn, et je t’ai vu toi, Pete Rock et Hank Schoklee lors d’une conférence de presse au Remix Hotel à Manhattan. Et Hank Schocklee du Bomb Squad (producteur de Public Enemy) a dit quelques choses qui est très vrai pour moi. Il a dit que à l’époque des gens comme toi vous utilisiez une partie d’un morceau et votre but c’était de le rendre Funky aujourd’hui les jeunes producteurs ils sont en face d’une MPC ou d’un Synthé mais ils sortent des trucs plats sans Soul, penses tu que les fondamentaux du hip hop ce sont perdus quelque part?

Marley Marl: héhé… j’ai l’impression d’entendre Hank parler, c’est vrai il y a plein de fondamentaux qui ce sont perdus. Comme par exemple le faite de chercher des disques, aujourd’hui grâce à Internet tu peux tous trouver tu as plus besoin de chercher ce disque super rare que tu veux a tous pris avoir en vinyle pour le sampler. Aujourd’hui tout le monde s’en fiche d’où tu prends tes samples, et de toute façon tu peux tout avoir. Mais bon en même temps c’est l’évolution naturelle des choses, aujourd’hui tu vends plus de disques parce que tous ce télécharge mais c’est normal. Tu sais quand le Hip Hop est arrivé il a effacé une autre culture musical moi j’ai commencé en faisant des morceaux très électro et j’aime beaucoup la House. Aujourd’hui c’est un peu la même chose avec la musique du sud des Etats Unis; le Dirty South,qui commence à remplacer le rap des années 90. Je n’aime pas spécialement ce nouveau son mais je ne le déteste pas non plus, c’est une évolution normale quelque part…

Quels sont tes nouveaux projets à sortir prochainement?

Marley Marl: Il y a l’album de Graig G “Operation: Take Back Hip-Hop” qui devrait sortir bientôt, ensuite il y a le film “Vapors” qui devrait sortir en 2008 qui parle de toute l’histoire du Juice Crew, qui reprend nos vie et la création du Hip HOP… Il y a toujours l’émission Future Flavas qui continue sur Power 105.1 avec Pete Rock, dès fois DJ premier et Evil Dee et moi je fais une émission qui s’appelle “Old School at Noon”. Quand j’aurais fini avec tous ça je me retire au Japon toute ma famille habite là bas…

Un dernier message pour tous les nouveaux producteurs qui veulent se lancer?

Marley Marl: Basically, get your motherfucker paper right; the industry is a beast…PEACE.

Marley Marl, Batofar, Paris 2008: photo by geoffrey ashley

Photos de Geoffrey Ashley – geoffrey-ashley.com

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Interview de K-lé pour streetblogger.fr

Remerciements: David MPC et Yannick Baseline

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    1 Comment. Leave your Comment right now:

    1. Je regrettes d’avoir manqué ce Show. Je proposerai bientot des shows spécial Queens en rapport avec mon album Kings fRom QUeens … POur info : vous pouvez envoyez vos demandes de beats de Mr Marley marl et des Feats de Craig G (Tarifs sur mon site)
      Peace et Big Up pour l’interview

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