maison_du_hh-logo.jpgMaison du Hip Hop – ZULU NATION – Samedi 26-01-08

Le Hip-Hop, un mouvement unique né au début des années 70.

La maison du Hip- Hop située dans le 11ème arrondissement de Paris nous invite pour retracer l’histoire de cette culture à travers les récits de Dee Nasty, Hondo, David LIari et DJ Gone.

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Tout prend forme en 1967 avec l’arrivée à New-York du jamaicain Clive Campbell, plus connu sous le nom de Dj Kool Herc. Ayant partagé la même cour d’école de la légende Bob Marley, Kool Herc abandonne le Reggae au profit de la Funk qui commence à s’implanter sérieusement dans grand nombre d’oreilles.

Dans le Bronx des années 70, il développe ainsi le concept des block parties, ces soirées de quartier qui réunissent le voisinage autour de quelques musiciens et autres DJ. Ces évènements commencent très rapidement à devenir populaires à Harlem et dans le Bronx et redonnent par la même occasion des couleurs aux ghettos. Kool Herc devient l’investigateur d’un genre nouveau en matière de musique : le breakbeat, cette pratique qui consiste à passer en boucle un même extrait de chanson sur lequel ne sont présentes la plupart du temps que la basse et les percussions. Kool Herc travaillait en fait sur deux exemplaires du même disque, en remettant l’un des disques au début du break tandis que l’autre se finissait constituant au final une boucle de folie de cinq minutes. Des disques comme Sex Machine du godfather of Soul music James Brown ou encore les thèmes de Johnny Pate pour Shaft in Africa en passant par des morceaux de rock constituaient ses outils de travail.

maison_du_hh2.jpgL’idée du breakbeat lui est surtout venue du fait que lorsqu’il jouait ses disques, Kool Herc constatait que les gens attendaient certaines parties des morceaux pour bouger leurs corps. C’est donc pendant ces breaks instrumentaux, au moment où la section rythmique devenait essentielle, que les danseurs se déchaînaient. Le breakbeat donne donc naissance à un nouveau style de danse : la breakdance, caractérisée par son style acrobatique et ses figures au sol et en référence au breaks joués par Kool Herc. A une époque où les danses populaires étaient le Good Foot et le Popcorn, la breakdance voit le jour dans les soirées du DJ.

C’est vers la fin des années 70 qu’émergent des groupes de danseurs comme les Zulu Kings ou Nigger Twins sans oublier par la suite de nouvelles troupes aux mouvements encore plus acrobatiques comme les New-York City Breakers, Dynamic Brothers ou les Rock Steady Crew . Pour ces derniers, on peut noter que la montée en puissance de cette danse les conduira à exercer leur art au cinéma dans des films devenus mythiques comme Style Wars, Wild Style, Flashdance et Beatstreet.

On assiste donc à une nouvelle forme d’expression corporelle au même moment où d’autres choisissent la peinture en guise de moyen de communication : ce n’est autre que le Graffiti. Son éclosion remonte aux quartiers noirs de Philadelphie où pour la première fois on aperçoit des métros taggés dont la signature est attribuée à un jeune adolescent noir, Cornbread (pain de maïs) de son nom de scène. Très rapidement, ce nouveau courant s’étend à New-York City avec notamment Top Cat qui ammène un style de lettrage dit « gangster ».

Et c’est au début des années 70 qu’un graffeur du nom de Taxi 183 motive une masse importante de jeunes new-yorkais à s’armer de marqueurs et de bombes de peinture afin d’écrire leur nom. L’anecdote est intéressante puisque c’est lors d’une interview dans le New-York Times que Taxi 183 crée cette idolâtrie pour le Graffiti, en expliquant simplement qu’en écrivant son nom un peu partout dans les rues de New-York, il n’en est pas pour autant une célébrité. Un des piliers du Hip-Hop fait donc son apparition.

Au milieu des années 70, plusieurs disciplines voient ainsi le jour et il ne leur manque plus un réel mouvement qui les fédérerait toutes. Au cours d’une période où la guerre du Vietnam entache les Etats-Unis et le mouvement Hippie est en pleine désillusion, on assiste à une prise de conscience de la part des minorités qui se battent pour leurs droits civiques. C’est dans ce contexte social mouvementé qu’un ancien membre du gang des Black Spades, du nom d’Afrika Bambaataa, décide de créer l’Universal Zulu Nation. Cette organisation pacifiste a pour but premier de rassembler les gangs du Bronx autour de la musique, du Graffiti, des DJ, de la danse, autrement dit le Hip-Hop. A l’instar de la Zulu Nation, le Hip-Hop devient donc un mouvement artistique à part entière mais également socioculturel qui se propage encore aujourd’hui aux quatre coins du monde pour le plus grand plaisir des puristes.

Cette culture en pleine ascension voit à la fin des années 70 l’essort d’un autre art largement représentatif du milieu Hip-Hop : le rap.

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En 1979 sort l’un des premiers disque de Hip Hop US “Rapper’s Delight” du trio Sugarhill Gang. Ce morceau est aujourd’hui culte car il définira les bases du Hip Hop moderne. Effectivement après ce morceau le Dj fut remplacé par des boites à rythmes. Ce morceau rencontra un franc succès outre atlantique, ce qui ouvrit la voie à pas mal de groupe, notamment ceux du label Sugarhill basé à Manhattan.

En 1982 sort “The message” de Grand master Flash et les Furious Five. Ce titre même si il est très brut est composé d’un message positif destiné aux quartiers de NYC. A partir de cette époque, la texture sonore des morceaux commencent à changer notamment à cause de l’évolution des boites à rythmes.

Egalement en 1982, le Hip Hop qui était présent uniquement aux Etats-Unis, s’exporte en Europe grâce à la tournée “New York City Rap”. Cette tournée composée de Afrika bambaataa, du Rock Steady Crew, Futura 2000 est mis en place par Bernard Zekri journaliste d’Actuel avec le soutien de Europe 1 et passe par Paris, Berlin, Londres.

Dee Nasty nous a confié lors de la conférence à la maison du hip hop que cet événement marque le véritable début de la culture Hip Hop en France. Il nous raconte qu’après la soirée organisée à l’hippodrome de la porte de Pantin, les gens descendirent des cartons dans leurs halls pour commencer à breaker.

Aux Etats-Unis en 1984, le Hip Hop qui se jouait principalement dans les quartiers nord de New York commence à être plus médiatisé. Des clubs comme The Roxy situé en plein cœur de Manhattan programme des DJ Hip Hop, la population fréquentant ces clubs est mixte ce qui permet au HH de toucher des publics plus variés.

maison_du_hh4.jpgPendant ce temps en France, Sydney anime l’émission H.I.P H.O.P. sur TF1 dans laquels il met en avant des breakers.

A cette époque on voit l’arrivé des premiers graffeur français, au début ils étaient 5-6 qui faisaient des allers- retours entre Paris et New York pour trouver leurs influences. Mais également les premiers MCs comme Lionel D, les Little ou Johnny Go et Destroyman qui sortent un maxi “On l’balance” en 1986. A l’époque l’ensemble de la culture Hip Hop se retrouve au Globo pour des soirées ou les gens partageaient l’esprit originel du HH “Peace, Love, Unity and having Fun“.

Toujours en 1984; aux Etats-Unis, un jeune étudiant nommé Russel Simmons crée avec un ami Rick Rubin le label Def Jam records. Leur but est de proposer un rap authentique tout en touchant le plus grands nombres de personnes. Le Hip Hop prends alors une tournure plus rock avec des groupes comme Run DMC (R.I.P. JMJ) ou les Beastie Boys. Ces groupes rencontrent un gros succès notamment parce qu’ils touchent la middle class américaine. Mais c’est également l’émergence du “Gangsta rap” avec l’arrivée de son pionnier Schoolly D de Philadelphie et son single “P.S.K.”.

En 1986, le Hip Hop en France subit un boycott des médias qui pensent que plus personne n’est intéressé par cette culture; et comme nous le raconte Dee Nasty les médias pensaient que le Funk allait faire un retour, ce qui paraissait évidemment absurde. Ce fut le commencement d’une longue traversé du désert.

Pourtant dans la rue la culture HH était toujours aussi présente, ce qui pousse DJ Dee Nasty à organisé des “Block Parties” sur le terrain vague de la Chapelle pendant tout un été.

Dee Nasty nous raconte que comme unique promo, il distribué des prospectus à la sortie des Fnac et se débrouiller pour poser des flyers entre les disques des rayons Funk et soul des disquaires. Il nous explique aussi que cette traversée du désert à permis aux groupes de resserrer leurs liens; le Hip Hop français comptait à l’époque environ 300 personnes passionnés par ce mouvement. On se rend alors compte que la culture HH en France doit beaucoup à Dee Nasty; qui à l’époque par simple passion organisé des soirées pour que les gens puissent se rencontrer et partager un état d’esprit.

1988 le rap US prend une tournure différente avec l’arrivée d’un des plus gros producteurs de tout les temps; Marley Marl, qui invente le sampling. Il est producteur du Juice Crew composés de Big Daddy Kane, Biz Markie, Roxante Shante, Kool G Rap, Mc Shan et Masta Ace.

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A la même époque sur la cote Ouest; L.A., qui était la grosse capitale du son électro-Funk dans les années 80; devient la maison mère du Gangsta rap avec l’arrivé du crew N.W.A. composé de Eazy-E, Dr. Dre, Mc Ren, Ice Cube, Dj Yella, Arabian Prince. Pour la première fois à Los Angeles un groupe parle des problèmes de gang et de la violence issus de ses quartiers, le groupe rencontrera un franc succès.

Sur la cote est un groupe nommé Public Ennemy sorte leur premier album “Yo! Bum rush the show” en 1987. Ce groupe de rap composé de deux Mc Chuck D et Flavor Flav, rap un Hip Hop revendicatif et politique. Ils sont numéro 1 des charts aux US malgré un discours très agressif et une façon de rapper différente de ce que l’on a put entendre jusqu’à présent.

Dee Nasty nous raconte que Public Ennemy est venu en concert à Paris au Globo. Il y avait plus de 8000 personnes et P.E. fut très surpris de l’accueil du public français, ils comprirent qu’il y avait une réelle scène HH en France.

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Fin des années 1980 le rap français réapparaît avec les premiers freestyles de NTM, Assassin, Mc Solaar sur radio Nova grâce à l’émission Deenastyle présenté par Dee Nasty of course!

La suite vous la connaissez sans doute!

Alors à travers ce récit proposé par Dee Nasty, Hondo, David LIari et DJ Gone à la maison du Hip Hop, on se rend compte que les valeurs de base du HH “Peace, Love, Unity and having Fun” sont bien souvent oubliés et que si aujourd’hui ce mouvement est devenu aussi vaste et médiatisé c’est grâce à des pionniers qui étaient la par simple passion!

Alors rendons leurs hommages et respect, et n’oublions jamais que nous faisons tous parti de la même grande famille du Hip Hop!

Peace et merci à tous ceux présents de véhiculer et partager l’esprit positif du HH!!

Pour plus d’infos sur l’apparition du Hip Hop; je vous recommande vivement de regarder les vidéos “Wild Style”, “Beatstreet”, ou même “Scratch” qui retrace l’histoire de cette culture veille, je vous le rappel, de plus de 30 ans!!!

Chroniqué par John et K-lé pour STREETBLOGGER.FR

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