soul_idfront.jpgSoul ID est un groupe de Soul composé de 4 membres d’origines diverses. A l’occasion de leur concert à l’opus Café, nous avons eu la chance de rencontrer ce groupe très prometteur pour une interview très intéressante:

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Bonjour, Tout d’abord pouvez-vous vous présenter en quelques mots chacun à votre tour?

Tchaï: Bonjour, je m’appelle Tchaï, je suis originaire du Burundi. Au sein de Soul ID je suis la chanteuse et j’écris des textes. Mes goûts musicaux sont très éclectiques ils vont de Erykah Badu à Jill Scott en passant par Björk ou Grace Jones. J’aime beaucoup la Soul de Philadelphie.

Dad’d: Bonjour, je suis originaire de la république démocratique du Congo et je suis compositeur, réalisateur, chanteur. Mes influences sont Stevie Wonder, Donny Hathaway, Babyface pour ne citer qu’eux.

Urban Deep: Salut, je suis le producteur/ batteur du groupe. Je représente le coté Hip Hop du groupe. J’aime beaucoup des artistes comme Questlove, J-Dilla, A Tribe Called Quest, DJ Quick, Hi-Tek, Supafly mais aussi tous ce qui est Soul comme D’Angelo. Je suis mi-autrichien; mi- belge mais actuellement je vis aux Etats-Unis. Je m’occupe aussi de l’organisation interne du groupe et de la direction musicale.

V: Salut, je suis le producteur, compositeur, chanteur du groupe. Mes influences sont Bob Marley, Stevie, Donny, les Soulquarians, D’Angelo. J’aime aussi tous ce qui est R’n’B et la culture africaine. Je suis originaire du Rwanda.

Comment vous êtes vous rencontrés?

Soul-ID: Nous nous sommes tous rencontrés à Bruxelles, en Belgique. Le milieu musicale professionnelle est très petit, donc on c’est tous retrouvés sur différents projets à travailler ensemble. On travaillait pour d’autres personnes et on se retrouvait assez souvent.

Et puis tout à commencé par le projet solo de Tchaï, une symbiose c’est crée entre nous.

En 2003 on a décidé de se réunir dans un groupe, au début nous n’étions que 3, V c’est rajouté par la suite à la demande générale du groupe.

Comment c’est effectué la création de cet album, est ce qu’il c’est fait en studio ou plutôt sur scène?

Soul-ID: Il c’est crée en Studio, on y était tous tout le temps; après on est parti en tournée avec Zap Mama et la on a commencé à expérimenter les premiers trucs.

Vous avez eu l’occasion de faire des concerts aux Etats-Unis et en Europe quelles sont les différences en terme de culture?

Soul-ID: Aux Etats-Unis il y a une culture de la Soul musique. Cette musique à une histoire la bas. Ici en Europe on importe, les comportements sont très différents. Aux US nos influences africaines sont parfaitement normal, à Bruxelles notre musique est qualifié d’exotique alors que l’ont a des influences R’n’B, reggae, hip hop.

Comment c’est faite la collaboration avec le label ABB?

Urban Deep: En 2007 je suis parti pour Oakland aux US ou j’ai travaillé pour ABB records. De la c’est faite la connexion avec DJ Beni B qui est le manager du label est voila la suite ce fut la signature.

En Belgique on avait démarchés les maisons de disques, on nous disait que le projet était très bon mais que les gens n’étaient pas près pour ce style de musique. Donc on est parti aux USA

En gros tu me dis que c’était presque plus simple de décrocher un contrat aux Us que en Europe?

Urban deep: exactement!

Pourquoi cette scène à tant de mal à exploser en Belgique?

Urban deep: Les majors et les émissions de télévision ont cessés de se développer et les budgets pour les nouveaux artistes ont chutés.

On allait voir des grosses majors qui nous disaient que notre projet est excellent mais pas pour la Belgique.

Tu sais il y a 2-3 artistes montant en Belgique mais en même tant il y a un manque d’infrastructures. Il n’y a pas de soutien médiatique; au niveau radio il n’y a pas grand chose non plus. Ca me fait toujours rire quand on nous dit que en France il n’y a pas d’infrastructure alors quand Belgique il y en a encore moins. On a d’abord du s’exporter pour revenir plus fort.

Est-ce qu’une collaboration avec des groupes comme Dilated People ou Little Brother qui sont aussi signés sur ABB est possible?

Urban Deep: C’est possible dans l’avenir. Rakaa de Dilated People aime bien ce que l’on fait. Et il était question d’une tournée ou on allait être en première partie des Little Brother. Après il faut voir si on a vraiment le même public que ces groupes.

Soul ID sur scène ça donne quoi?

Soul ID: On aimerait vraiment joué avec tout un “band” après c’est une question de budget. Pour l’instant sur scène nous sommes trois chanteurs et un batteur. On essaye vraiment de communiquer avec le public quand on est sur scène, on essaie de ramener de “l’entertainment” dans ce que l’on fait. On aimerait vraiment monter un vrai spectacle et par la suite toucher un public plus large que simplement les connaisseurs. Après on est ouvert à tous du moment que ça nous permet de rester créatif.

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Comment voyez-vous votre évolution au sein du business de la musique?

Urban deep: Pour l’instant notre marché principal c’est les US. Notre but c’est de toucher tout le monde avec notre musique

Tchaï: Tu sais on a fait un concert au US; il y avait tous types de personnes; des jeunes des personnes plus âgées mais tous le monde comprenait le sens de notre musique. A la fin du concert deux dames se sont avancées vers nous et nous on dit que la chanson “Love of my life” les a vraiment touchés. C’est vers cela qu’on a envie d’aller.

Urban Deep: on aimerait rester authentique tout en touchant un maximum de personne. Tu prends par exemple l’album “Voodoo” de D’Angelo qui est une référence pour nous. Crois-tu qu’il aurait vendu autant d’album si il ne c’était pas foutu à poil dans le clip “How does it feel”?

C’est ceux que j’appels le capital sympathie, il faut rentrer dans l’esprit des gens sans vendre ce que l’on est. Lauryn Hill est un très bon exemple elle a su toucher beaucoup de personne tout en restant authentique. Tu prends Amy Winehouse quand elle est arrivée avec le projet de faire un album qui sonne comme dans les années 70, personne dans sa maison de disques n’y a crut; finalement ça devient vendeur parce que c’est original. Les maisons de disques devraient aller plus dans ce sens.

Quelle est l’importance d’Internet aujourd’hui dans votre stratégie business?

Urban Deep: C’est vraiment important de nos jours, on n’a plus besoin des maisons de disques pour signer un contrat. Tu prends notre site www.soul-id.com il est géré par nous parce que cela nous permet de garder notre identité artistique. Même au niveau du business en général on est très impliqué. On a envie de gérer notre business nous même car c’est comme ça que l’on est vraiment libre au niveau de la créativité. Tu prends la pochette de l’album on c’est battu pour ne pas avoir nos têtes en gros sur la pochette.

V: Tu sais la pochette traditionnelle d’un Album de Soul, R’n’B c’est de mettre ta tête en gros sur la pochette

Urban deep: Nous on n’a pas voulu ; on a voulu donner une identité au groupe.

Et le business en France comment vous comptez le gérer?

Urban Deep: On ne passe pas par des réseaux de distributions traditionnelles. Ca a plus de sens en terme économique si on travail en Indé et que l’on supprime tous les intermédiaires qui prennent des sous. On aimerait passer par un réseau alternatif, développé le shop sur notre site Internet par exemple. Après il y a des cotés négatifs aussi, on n’a pas de gros budget promotionnel.

Est-ce que le support CD est encore indispensable aujourd’hui?

Urban Deep: Grâce à Internet les gens on plus de choix. Aujourd’hui ils existent différentes stratégies.

La première c’est de mettre ton disque en ligne, mais personne ne va l’acheter car ils peuvent le télécharger gratuitement. D’un coté c’est normal imagine que tu trouves du pain gratuit est ce que tu crois que les gens vont aller en acheter. Dans ce cas le prix des concerts augmentent ils se rattrapent la dessus car le CD ne vend plus.

La deuxième c’est de te faire sponsoriser. Aujourd’hui c’est vraiment intéressant tant que ça n’influe pas sur ton travail de création. Tu prend Kanye West il fait des pubs pour Coca- Cola. Après c’est un cercle vicieux car pour être sponsorisé il faut être connu. Ca n’intéresse personne de voir un groupe qui n’est pas connu à la télé. Nous; on n’a pas de problèmes à être sponsorisé mais pour l’instant c’est trop tôt.

Après il y a un problème avec les maisons de disques aussi, on avait proposé de faire plusieurs EP de 4-5 titres au lieu de sortir direct un album avec 17 titres. Les majors étaient contre; ils travaillent à l’ancienne. Mais tout va changer dans les 2 prochaines années.

Le faite de tout vouloir gérer en Indépendant est ce que ça ne vous donne pas trop de travail?

Soul ID: Si mais bon on se focalise marché sur marché. D’abord les US puis l’Europe.

Il n’y a pas de featuring sur l’album, pourquoi?

Soul-ID: On était en contact avec Busta Rhymes et Musiq Soulchild. Au final on n’a pas fait de feat. car on voulait que l’album soit vraiment perso.

Est-ce que vous aimeriez collaborer avec des artistes français?

Tchaï: Saian Supa Crew, au niveau de la créativité ils sont énormes.

V: Il faut de la substance; Gainsbourg si il était vivant. Où même Henri Salvador j’aimerais beaucoup

Tchaï: Oui même des gens comme M ou Zazie

Urban deep: J’aimerais produire pour Kanye West!

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L’interview se termine et nous nous donnons rendez vous le soir même à l’Opus pour un concert du groupe. Ce concert était également l’occasion de se procurer le CD pour la première fois en France.Le groupe rentre sur scène les points levés vers le ciel; dès les premières notes de musique la salle de l’Opus pleine à craquer est conquise. Le groupe commence alors à chanter le morceau “True” dont le refrain est repris en cœur par les gens présents.

Les 3 chanteurs du groupe enchaînent les morceaux pendant que leur batteur Urban Deep joue les kits de batteries d’une façon parfaite. Le groupe est vraiment impressionnant sur scène, et la communication avec le public s’effectue de façon naturelle. On a vraiment l’impression que le show des Soul- ID a été travaillé. On retrouve des petits pas de danse, des interludes faisant participer le public et des placements sur scène mettant à chaque fois le chanteur principal en avant. Les fins de morceaux sont souvent magnifiques est chaque chanteurs se laissent aller sur le rythme.

A mi-concert les Soul- ID nous gratifient d’une petite interlude énergique; tout d’abord ils reprennent le “This is How we do it” de Montell Jordan puis le “Who am i” de Snoop en remplaçant les “Snoop doggy dooooog” par des “Soul-IIIIIDDDD” tout en dansant à chacun à leurs tours.

On voit que les artistes prennent du plaisir à être sur scène et franchement on en redemande, le public tape dans ces mains à chaque nouveau morceau. D’ailleurs la plupart des morceaux de l’album sont joués de “Is this love” au magnifique “Love of my life” pour finir par le détonnant “How comes“.

On ressent clairement les influences du groupe même si ils ont un style bien à eu.

Si chacun des membres du groupe à un style différents des autres la symbiose est parfaite. Rarement j’ai eu l’occasion de voir un groupe de Soul dont les chanteurs se complète à ce point. Mais le plus magique c’est que chaque chanteur à un style de voix unique ce qui pourrait les amener à enregistrer des albums solos.

Le groupe quitte la scène sous les rafales d’applaudissements de la salle avant de revenir pour des ultimes morceaux.

Très bon concert donc d’un groupe fort talentueux, authentique avec une vision moderne de la musique Soul.

Un gros coup de cœur pour se groupe de Soul qui espérons le réussira a percé car ils ont le niveau et le talent des plus grands.

site internet du groupe : www.soul-id.com

myspace du groupe : www.myspace.com/soulidmusic

Chroniqué par K-Lé pour STREETBLOGGER.FR

Galerie Photo réalisé par Geoffrey Ashley que nous remercions.

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